31.3.26

Le catalogue Rigaut

 












Le libraire Jean-François Fourcade, avec lequel j’avais publié un catalogue intégralement dédié à Jacques Rigaut, propose sur son nouveau site quelques jolis et rares documents liés à Lord Patchogue. 

AGS Société reconnue d’utilité publique. Capital : 5.000.000 de francs. Siège principal à Paris : 73, boulevard du Montparnasse. Succursales à Lyon, Bordeaux, Marseille, Dublin, Monte-Carlo, San Francisco. Affiche éditée par les Éditions du Chemin de fer à l’occasion de la sortie de Lord Patchogue en 2011. Format : 59,5 x 42 cm, impression noire, blanche et rouge sur fond vert avec le texte complet composé dans des typographies de différentes tailles. Tirage à 200 exemplaires. Beau document. (50 euros)

Plaque de verre originale avec tirage récent.Étonnant document montrant Rigaut nu en compagnie de quelques ami(e)s. De gauche à droite : Jacques Rigaut, Suzanne et Charles Peignot, Colette et Philippe Clément, une personne non identifiée. (2500 euros) Version censurée pour éviter les foudres des robots censeurs de Meta….

Photographie originale (15 x 8,5 cm), sans date (été 1924). Beau document inédit montrant Rigaut quasi nu et étrangement renversé (comme sur la célèbre photographie prise lors du vernissage de l’exposition Man Ray) sur une plage sans doute à Guéthary. Provenance: Paul Chadourne. (800 euros) 

Photographie originale (9 × 6,5 cm) en tirage d’époque, sans
date (été 1923). Beau document inédit montrant Rigaut à la mer en tenue de bain en compagnie de Jeanne Lecomte du Nouÿ et de son fils Philippe. (800 euros) 

Sans lieu ni date [1945], 2 feuillets in-8 plié en 4. Édition originale de ce recueil d’aphorismes sur le suicide dont celui d’ouverture sous le titre : « Je n’ai pas plus envie de sortir du monde que d’y rester » (Pomerand). 5 auteurs cités : Artaud, Rigaut, Vailland, Crevel, Daumal. Un des 30 ex. de tête num. sur papier cerise (rose), n°1 (les autres sur papier blanc). Très rare. (500 euros)Deux Tiny Cards, ou micro-cartes de visite, que faisait imprimer Rigaut pour ses amis. Exemplaires d’Eluard et de Breton (1000 euros l’ensemble) Lettres Jacques Rigaut à Robbie Roberston (épouse de Pierre de Massot), 1929. (5000 euros) #jacquesrigaut


4.11.25

L'Etranger


Jacques Rigaut et Drieu la Rochelle mentionnés dans un entretien avec François Ozon sur RCF à propos de son adaptation du roman de Camus.

Dans L’Homme révolté, le philosophe de l’absurde évoque l’exemple de Rigaut pour critiquer les
surréalistes auxquels il reproche d’avoir exalté le meurtre et le suicide
par pur intellectualisme :

"Ils [les surréalistes] ont parlé du suicide comme d’une solution et
Crevel, qui estimait cette solution « la plus vraisemblablement juste
et définitive », s’est tué, comme Rigaut et Vaché. Aragon a pu stig-
matiser ensuite les bavards du suicide. Il n’empêche que célébrer
l’anéantissement, et ne point s’y précipiter avec les autres, ne fait
honneur à personne. Sur ce point, le surréalisme a gardé de la « lit-
térature », qu’il abominait, les pires facilités, et justifié le cri boule-
versant de Rigaut : « Vous êtes tous des poètes et, moi, je suis du
côté de la mort."

L’hommage de Camus à Rigaut n’est pas anodin, d’autant plus
que sa thèse conclusive de la révolte, comme moyen de dépasser
l’absurde et de s’éloigner du suicide, l’oppose radicalement à J. R.
pour qui « la révolte est une forme d’optimisme à peine moins répu-
gnante que l’optimisme courant ».

Camus paraît ému par le suicide
de Rigaut, ce geste, écrit-il, qui « se prépare dans le silence du cœur
au même titre qu’une grande œuvre. » Ému mais également décon-
certé, puisque Rigaut avait écrit que le suicide était un pis-aller et que
la vie ne valait pas qu’on se donne la peine de la quitter.

Un suicide-aveu pour Camus : « Se tuer, dans un sens, et comme au mélodrame,
c’est avouer. […] C’est seulement avouer que cela “ne vaut
pas la peine”. »

Sauf que Rigaut, contrairement à Camus, proclame
son mépris pour la vie, une superbe indifférence qui le pousse à
considérer qu’il serait même vain de vouloir mettre un terme à cette
existence." (Extrait de Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, Gallimard, 2019)

 

13.10.25

 




Jacques Rigaut ne participera pas au surréalisme, mais il restera l’ami de tous — ce qui relève de la gageure quand on connaît les inimitiés entre les différents protagonistes du mouvement. En 1924, André Breton lui-même lui offrira un exemplaire du Manifeste du surréalisme, accompagné d’un émouvant envoi à Rigaut. J’évoquais cet exemplaire dédicacé dans ma biographie de Rigaut. Il sera mis en vente à Drouot le mardi 28 octobre 2025 à 14 h, dans le cadre d’une vente « Livres & Manuscrits » organisée par la maison Tessier Sarrou & Associés.

Estimation : 800–900 €.

Merci à Alix de Heaulme de m’avoir signalé cette vente.

22.4.25





A l'occasion de la sortie de son roman Stanislas Simon Liberati, invité dans l'émission "Conversations chez Lapérouse" de  Frédéric Beigbeder évoque  Jacques Rigaut (à 4 minutes 50 secondes) qui a été élève à Stanislas. "Après la classe de cinquième, la plupart des élèves de Montaigne allaient au lycée Louis-le-Grand pour continuer leur scolarité. Georges Rigaut en décide autrement, rien n’est trop beau pour son fils cadet sur lequel il mise beaucoup. Il l’inscrit au très réputé mais austère collège Stanislas dont l’entrée donne sur la paisible rue Notre-Dame-des-Champs. " in Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, Gallimard, 2019. 



 

21.4.25

Archives

 

Prospectus publicitaire de la clinique de Saint-Mandé, où Rigaut a suivi une cure de désintoxication


Plongée dans les archives de mes quinze années de recherches menées pour la biographie de Jacques Rigaut. Je fais aujourd’hui don de ces archives à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), où sera créé le seul fonds d’archives au monde dédié à Jacques Rigaut. Les chercheurs de demain pourront le consulter, et les collectionneurs y apporter des compléments s’ils le souhaitent. Pour ma part, j’y ajouterai les épreuves corrigées de « Papiers posthumes » paru au Sans Pareil en 1934, accompagnées d’un exemplaire de l’ouvrage.
Il y a quelques années, j’avais déjà déposé à l’IMEC les archives de mes recherches consacrées à l’écrivain Emmanuel Bove.
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4.4.25

La dolce vita



Jacques Rigaut aimait l’Italie. En 1923, Dans une lettre envoyée de New York à Jacques-Emile Blanche, il écrit : « Ici, je me suis découvert un désir d’Italie. » Puis en 1925, il évoque un voyage en Italie : « L’été suivant, je me trouvais en Italie sur le petit bateau d’un ami dans le golfe de Naples. Nous étions descendus à Amalfi à l’Albergo della Luna. Je trouvais dans cet hôtel un papier à lettres. Sous le titre Albergo della Luna une large reproduction du patio de l’auberge, et au milieu de cette image un médaillon représentant de face Ibsen, pendant que la légende entourant le médaillon expliquait qu’Henrik Ibsen avait etc. »  Rigaut aimait l’Italie et les Italiens aiment Rigaut. Un florilège des écrits de Rigaut traduit en italien par Arlindo Hank Toska vient de paraître aux éditions Joker sous le titre : « Sarò un grande morto » (Je serai un grand mort). 


 

6.12.24




Quoi de mieux, lors d’une froide et pluvieuse journée parisienne, que de se réfugier dans une petite salle de cinéma du boulevard de Strasbourg pour découvrir sur grand écran les quatre films restaurés de Man Ray ? Parmi eux, Emak Bakia, où l’on retrouve la miraculeuse apparition de Jacques Rigaut. Ces films, sublimés par la mise en musique du groupe new-yorkais de Jim Jarmusch, offrent une expérience hypnotique : sur l’écran, les images de Man Ray dansent au rythme d’une musique presque crépusculaire, plongeant le spectateur aux limites d’une transe. Impossible de ne pas sourire en voyant le générique de fin, où le nom de Jacques Rigaut est orthographié fautivement.