29.2.12

Le Feu follet version norvégienne



Anders Danielsen Lie dans Oslo, 31 août


En salles le 29 février, Oslo, 31 août, deuxième film du norvégien Joachim Trier, est librement adapté du roman de Drieu La Rochelle.

Déjà adapté en 1963 par Louis Malle avec Maurice Ronet dans le rôle principal, Le feu follet de Pierre Drieu la Rochelle revient sous la direction du jeune cinéaste norvégien Joachim Trier, pour son deuxième long métrage Oslo 31 août, présenté dans la sélection officielle « Un certain Regard » à Cannes en mai dernier.

A la différence de Louis Malle qui en avait fait un héros alcoolique, Anders, le personnage de Joachim Trier, dont on devine qu’il est écrivain raté, est comme celui de Drieu la Rochelle toxicomane. Grand amoureux de littérature, citant Rilke, Anders sera engagé par un éditeur, Folio, où il deviendra secrétaire de rédaction avant de sombrer dans une mélancolie sans issue.

Publié au début des années 30, Le feu follet raconte les dernières heures d’un dandy déchu en pleine crise existentielle dont la seule issue est le suicide. Le personnage est inspiré de la vie du poète surréaliste Jacques Rigaut, qui avait imaginé la création d'une Agence générale du suicide, titre d'un de ses recueils posthumes.

Disponible chez Folio, Le feu follet de Pierre Drieu La Rochelle est regroupé le 5 avril avec une sélection de Récits, romans et nouvelles dans la bibliothèque de La Pléiade.

(Source : LIVRESHEBDO.fr)

Les critiques saluent cette nouvelle adaptation du roman de Drieu :

Le Monde

Culturopoing.com


Télérama

Artistikrezo.com

Les Echos

Libération







27.2.12

24.2.12

La Valise vide empléiadée


Drieu par Man Ray

C'est officiel, l'oeuvre romanesque de Drieu la Rochelle entre dans la mythique Pléiade dont La Valise vide (nouvelle jamais rééditée dans son intégralité) et Le Feu follet. Une consécration littéraire qui exaspère certains et qui réjouit d'autres. Parution, avril 2012.

23.2.12

Rigaut par Josset

Portrait de Jacques Rigaut par Josset en illustration d'un article de Frantz-André Burguet paru dans Le Magazine Littéraire N° 39 (avril 1970), rubrique "Le livre du mois", à l'occasion de la publication des Ecrits de Rigaut par Martin Kay chez Gallimard. Si quelqu'un possède des infos sur ce dessinateur, je suis preneur.

19.1.12

Madame Vichy


"Étoile sans lumière" 1946, Mila Parely, Marcel Herrand

L'actrice Mila Parely vient de disparaître à l'âge de 94 ans. Lors de mes recherches sur le comédien Marcel Herrand (ami de Rigaut), on m'avait conseillé de la rencontrer. Entre-temps, j'avais eu d'autres sources d'informations et avais délaissé la piste de la comédienne recluse à Vichy. Je le regrette aujourd'hui, tant la disparition de ces actrices oubliées, qui ont fait les beaux jours du cinéma français, me touche. Je me souviens avec émotion de ma conversation téléphonique avec Jacqueline Porel, fille de Jacques Porel, un ami intime de Rigaut. Je n'ai jamais osé la rappeler pour lui demander un rendez-vous.




12.1.12

SCHNOCK N° 2



p.175 Le Schnock des photos : « Rigaut & Man Ray » par Jean-Luc Bitton

5.1.12

Des nouvelles de Daniel (Bis Repetita Placent)



"Si. Je trainais avec des gens d’extrême droite. Même si je suis d’extrême gauche. Enfin j’étais… L’époque du punk, les gens s’en font une idée super cool, mais c’était pas du tout ça. Il y avait de tout, et ça se barrait dans tous les sens. Ce qui fait que tu pouvais très bien parler avec un maoïste et cinq minutes plus tard, avec un nazi. Et puis on se connaissait tous. C’est ce qui a pu se passer au Etats-Unis au tout début du bop ou même en France à Saint-Germain-des-Prés. Il y avait un truc à essayer, fallait le faire, on s’en foutait de ce qui se passait. C’est étrange. Je crois qu’avec Drieu, c’est ce qui s’est passé, d’ailleurs. Mais c’est surtout Jacques Rigaud [sic], pour moi. Comme pour Le Grand Jeu. C’est une revue avec Daumal, Roger Gilbert-Lecomte. Pour moi, ils ont un rôle assez proche de celui de Jacques Rigaud [sic], là-dedans. Daumal est plus articulé… Il y a ceux qui arrivent à s’adapter et puis les autres. C’est assez darwinien comme truc, en fait. Je sais plus ce que je voulais dire. C’est bien, parce que ça me touche, en fait… Ah oui, si, Drieu. Je l’ai connu par un mec d’extrême droite. Non, en plus c’est pas vrai, je me fais une sorte de légende, là. Je l’ai connu parce que je lisais. Mais la littérature est plus intéressante, pour moi, à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche… [...] C’est comme courir un marathon. Moi, je fais du 100 mètres. C’est aussi lié à un mec que Miossec cite pas mal, qui est Henri Calet. Je l’ai découvert, et j’ai eu l’impression de lire Céline, mais sans la haine. Et ça fait du bien. Céline, petit nerveux, un peu. Il y a toute la beauté du monde à portée de main, mais il va pas aller voir, il a trop peur et il va rester à fixer le sol en disant : « Enculé de Juif, enculé de Juif ». Il y a Rigaud [sic] aussi. Dans Le Feu-Follet, il a une chance de s’en sortir, mais il ne s’en sort pas. Je pense que si Rigaud [sic] avait pu écrire, il s’en serait sorti. Mais je ne pense pas qu’il faille privilégier ceux qui n’y arrivent pas, même si j’ai tendance à le laisser entendre, des fois. Il faut arriver à faire son truc. Mais peut-être que je suis né pour décevoir."


L'intégralité de l'interview de Daniel Darc dans HARTZINE

2.1.12

La difficulté



"Un soir, Axler prit la parole, n'ayant pas connu, réalisait-il, un public aussi nombreux depuis qu'il avait renoncé à monter sur scène. "Le suicide, leur dit-il, c'est le rôle que vous écrivez pour vous-même. Vous l'habitez ou vous le jouez. Tout est mis en scène avec soin - où on vous trouvera, et comment on vous trouvera." Puis il ajouta : "Mais il n'y aura qu'une représentation." (...) Au cinéma, les gens passent leur temps à tuer, mais la raison pour laquelle on fait ces films, c'est que 99,9 % des spectateurs sont incapables de passer à l'acte. Et si c'est si difficile de tuer quelqu'un, quelqu'un que vous avez toutes les raisons du monde de vouloir détruire, imaginez la difficulté de réussir à se tuer soi-même."

(Philippe Roth, Le rabaissement, Gallimard, septembre 2011)

31.12.11

Le dernier post


Jean-Jacques Lévêque dans les années 70

C’est avec tristesse que j’ai appris la disparition de l’historien d’art et écrivain Jean-Jacques Lévêque (1931-2011) dont je lisais avec un plaisir chaque fois renouvelé les chroniques érudites et élégantes qu’il publiait sur son passionnant blog « Tribune autour de l’art et de la littérature ». Jean-Jacques Lévêque a été emporté par une crise cardiaque le 5 décembre dernier à l’âge de 80 ans. Ses filles soulignent qu’il était « très fier de son blog » et qu’il « lui a permis de continuer son activité d'auteur, d'amoureux de l'art, et de partager ses curiosités avec vous tous. » Ancien élève de l’Ecole du Louvre, Jean-Jacques Lévêque désirait être archéologue, devint critique d’art, libraire et galeriste. Auteur prolixe (sa bibliographie au catalogue de la BNF comporte 122 notices), il publia de nombreux essais et monographies sur des écrivains et artistes (Antonin Artaud, Piranèse, Caillebotte, Madame de Sévigné, ainsi que la plupart des impressionnistes), mais également sur les périodes phares de l’art moderne dont celle des Années Folles. Il collabora aussi à de nombreuses revues d’art, journaux et magazines (Arts, Nouvelles Littéraires, Quotidien de Paris, Quotidien du médecin, Figaro, Cimaise, NRF), fut chroniqueur pour France Culture et publia deux romans au Mercure de France : Tentative pour un itinéraire et L’aménagement du territoire. Dans les années 80, il sera directeur littéraire aux éditions Pierre Horay où il publia lui-même des essais sur la ville de Paris. Par ailleurs, Jean-Jacques Lévêque était un lecteur assidu du blog Rigaut, il consacrera sur son blog quatre chroniques à l’auteur de Lord Patchogue. Dans son livre Le triomphe de l’art moderne, Les années folles, 1918-1939, paru en 1992 aux éditions ACR, il rédigera un article sur la mort de Jacques Rigaut : « Au terme d’une vie bancale, où la mondanité côtoie la solitude, l’alcool et la drogue les belles manières, et le luxe canaille la politesse des bars cosmopolites, Jacques Rigaut se tue d’une balle dans le cœur. De cliniques en pensions de famille, il avait abouti au terme d’une lente déchéance de l’âme et du corps prématurément usé par l’alcool, la vie nocturne et tous les plaisirs dispensés par une vie libre et mondaine, dans le creuset sombre et romantique de la Vallée aux Loups où flotte un air « d’ailleurs », et d’un autre temps, avec le fantôme de Chateaubriand pour les plus imaginatifs, parce que celui-ci y planta les arbres de son parc au terme d’une vie dont le brillant ne cache pas l’exaltation angoissée. Rigaut à l’ombre croisée d’un grand poète, lui qui ne sut y parvenir, et d’un dandy, lui qui s’y abîma de force et de fatalité. » Le 4 décembre, veille de sa mort, Jean-Jacques Lévêque consacra son dernier post intitulé « Eluard le temps de l’amour » à un poème de Paul Eluard dédié à Nush, l’égérie et femme du poète.



« 16h35 - Rigaut posthume -
Dandy oui, et le suicide pour destin. C'est l'histoire de Jacques Rigaut, personnage emblématique de la mythologie surréaliste. Il a peu écrit, mais intensément, dans l'absolue nécessité de "se dire" (mais aussi de manifester une dose d'humour exemplaire). C'est toute la question de l'écriture. Elle ne peut se résumer à se raconter quand c'est dans la banalité de ce que vit toute personne qui n'a que son destin en main et une mesure banale de la vie.
Elle peut toutefois sortir celui qui la pratique de ses angoisses. Celui qui écrit brise la glace qui l'enserre dit, quelque part Kafka, pour se trouver. Il faut que l'écriture de l'intime soit aussi celle de l'exceptionnel et d'une qualité qui est aussi celle de l'art. Une écriture qui colle à la vie de celui qui en fait un usage comme s'il s'agissait d'une arme. On le sait, l'écriture peut être une arme, elle est aussi un destin.
Pour en savoir plus sur Rigaut, aller à : rigaut.blogspot.com dont est extrait la photo montrant Rigaut en compagnie de Tristan Tzara et André Breton. » (Jean-Jacques Lévêque, post du 27 juillet 2009)


29.12.11

Une descente sans retour


Ukrainia, coal mines in Donbass, 1500 meters
in the underground by Arsen Savadov

"Délire subjectif, dites-vous. ou bien fiction interminable : nous inventons nos archives autant que l'auteur s'invente, s'invente comme un geste, une manière, un style sur quoi il met son nom, s'il le veut, mais qui toujours fait signe vers plus ancien, plus enfoui, plus archaïque. Vers ce que l'archive au singulier ouvre à travers le pluriel des archives : un souterrain le long duquel les documents lentement se fondent dans les parois de ce boyau qui descend plus profond dans la terre. L'archiviste devient mineur, puis spéléologue. Il passe des siphons, descend des puits sur de minces échelles de corde, une lampe fixée sur le front et dont la lumière vacille. Parfois sur une paroi se fait voir un dessin, une encoche, et parfois c'est l'archiviste qui inscrit ses propres traces, celles de son enquête, à moins qu'il ne devienne lui-même le témoin osseux d'une descente sans retour. Un autre viendra demander : qu'est-il arrivé? qu'avait-il trouvé? d'où lui était venue passion si pénétrante?"

(Jean-Luc Nancy, Où cela s'est-il passé?, IMEC éditions, novembre 2011)

23.12.11

Le deuxième oeil



Vincent Maisonobe m'envoie ce document étonnant : une version de l'Oeil cacodylate réalisée par Delaunay. On retrouve entre autres Jacques Rigaut parmi les signataires. Une reproduction de cette oeuvre a été publiée dans la revue "Der Sturm", dernière publication de Dada à Paris, imprimée à Berlin en mars 1922. Selon Fabrice Lefaix, l'exégète de l'Oeil de Picabia, si la graphie diffère pour chaque signature, il s'agirait d'un signataire unique qui s'est amusé à signer pour tous. Joyeuses fêtes à toutes et à tous.

19.12.11

Les Fumées de New York



Le 6 juillet 1923, Rigaut a probablement assisté à la désastreuse soirée du "Coeur à barbe" qui marque la scission définitive entre dadaïsme et surréalisme. Lors de cette soirée, plusieurs films ont été projetés dont "Les Fumées de New York" de Charles Sheeeler et Paul Strand. Pour J.R., il s'agit là d'un avant-goût de sa vie future outre-Atlantique. On imagine facilement sa fascination devant les images impressionnistes du film.

25.11.11

Des nouvelles de Daniel




A 8 minutes 40 secondes, Daniel évoque Jacques Rigaut. Merci à Olivier Stup pour m'avoir signalé cet entretien.

17.11.11

"Sous le signe de Jacques Rigaut"




"Il n'étalait pas son nom qui avait le lustre de quelques siècles de prestige. Trouvant ses sources dans de lointains tumultes aux bruits sonores des armures qui s'entrechoquent, quelque part du côté de Jérusalem, quand, au nom du Christ, on allait trancher à vif dans le musulman. Autrement dit, il n'était pas fier de ses ancêtres. Au plus près de son corps, si fragile dans la douleur et les excès de plaisirs, il y avait une mère dispendieuse et un peu folle, tenant salon et multipliant des aventures acides avec des freluquets avides de dollars.
Il avait préféré prendre ses distances avec un douteux héritage et vivait de rien, mais surtout de rêves. Sans doute ceux ci n'étaient pas à la mesure de ses ambitions. Il chutait comme les personnages de l'Histoire sainte dont il connaissait par coeur des épisodes entiers, appris dans l'ombre des chapelles qu'enfant il fréquentait au prétexte d'une éducation soignée.
Je l'ai connu au delta de sa déchéance quand d'un cinquième mansardé du côté du Boulevard Saint Michel il s'évadait par champs et bosquets dans un Paris qui le serrait dans ses mauvais souvenirs. Alors il courait les troquets de banlieue, les fêtes foraines (c'était un excellent tireur à la carabine). Avec son air de dandy déjanté je lui trouvais quelque ressemblance avec ces aînés que le surréalisme aimait se trouver pour en célébrer les mérites, quitte à les inventer.
Nous en parlions et il me citait les aphorismes "emplis de dédain" disait-il de Jacques Rigaut, son héros favori.
"Le désir a été la sensibilité de mon enfance" (il ne s'en est jamais remis) et enfin, comme une conclusion : " Je serai un grand mort". Il s'est trompé.
Un dimanche d'hiver alors qu'il s'était habillé comme pour une soirée mondaine (ultimes fastes de ses splendeurs familiales) il prend soin de faire un ménage dans sa chambrette d'étudiant et sort un revolver (dont on connaissait l'existence, il le montrait volontiers) et se tire une balle dans la bouche. La glace dans laquelle il se regardait alors était éclaboussée de tout son sang. Un sang qui avait traversé des siècles d' Hisfoire.
Il aura droit à un entrefilet dans les journaux qu'on lisait chez lui. Son nom seul justifiait cette pieuse attention."

Jean-jacques Lévêque

6.11.11

Cimetière Montmartre, 6 novembre 2011





‎"Dieu s'aigrit, il envie à l'homme sa mortalité." (Jacques Rigaut)

5.11.11

Comme une évidence



Rencontre avec mon nouvel éditeur Philippe Garnier qui m'annonce deux bonnes nouvelles : pour Béatrice Duval, la remplaçante d'Olivier Rubinstein, la biographie de Rigaut est toujours d'actualité chez Denoël; les éditions Gallimard ont procédé (dans la plus grande discrétion) à une réimpression des Ecrits de Rigaut. La dernière information m'a été confirmée par Franck Chevalier qui m'envoie par mail la photographie de l'achevé d'imprimer, voir ci-dessus.

3.11.11

Sur Vélin Montgolfier



Un exemplaire des Papiers Posthumes est en vente à la librairie Céline Poisat au 102, rue du Cherche-Midi 75006 Paris Tél : 00 33 1 45 48 03 91 / 0033 6 74 78 22 82 / Catalogue 17. Le prix est attractif,cette édition se vend habituellement entre 400 et 450 euros.



18.10.11

BEATS



"Ce cœur, mon cœur qui ne bat que pour quoi !" (Jacques Rigaut)