3.8.13

8.6.13

DEADLINE




"Seuls ceux qui vont mourir savent toucher un homme s’il est vivant." (Jacques Rigaut) 

"Je rentre à l’instant de l’hôpital et, pour la première fois depuis ces dernières heures, je suis seul avec moi-même. J’alterne entre euphorie et désespoir. Je me sens comme saoul, assommé.

Moi qui croisait les doigts pour ne pas devoir me faire opérer, pour ne pas devoir subir un long et lourd traitement, je suis en partie exaucé. Le verdict est tombé : il n’y a rien à faire. Il me reste approximativement trente jours à vivre.

J’ai 58 ans et je n’en aurai jamais 59. Je mourrai en 2013.

Sur le trajet du retour, mon fils m’a donné l’idée de faire un blog, de me forcer à écrire mes impressions pour chacun des derniers jours de ma vie. Afin de les conscientiser, de les vivre intensément, de laisser un souvenir. Et de ne pas me réveiller un matin en me disant « plus qu’une semaine », « plus que deux jours », « plus rien ».

Le nom de ce blog est, bien entendu, inspiré du chef-d’œuvre de Victor Hugo qui marqua mon adolescence. Mais il ne s’agit plus d’un pamphlet politique. Des grandes espérances, de ma juvénile ambition de changer le monde il ne reste que trente petits jours.

Je ne souhaite pas entrer dans les détails concernant la maladie. Je ne souhaite pas entrer dans les particularismes de ma vie. Et parce que le temps m’est compté, il n’y aura pas de commentaires, pas d’adresse de contact. Du moins, de mon vivant.

Je m’excuse également par avance auprès d’éventuels lecteurs pour les fautes de frappe qui jalonneront certainement ces billets. Je n’ai jamais été très attentif à l’orthographe. J’avoue que c’est à présent le cadet de mes soucis.

Je me sens désœuvré. J’ai tant à faire avant l’échéance fatidique que je ne sais par quel bout commencer. Les idées se bousculent dans ma tête, les cris, les pleurs, les sentiments. Je suis spolié, victime d’une profonde injustice. Mais en même temps déjà résigné. Au moins ce blog me donne un moyen d’action.

Je sens poindre en moi la motivation pour faire des millions de choses. Des petites bulles d’enthousiasme qui gonflent puis éclatent, me laissant l’amère sensation que tout cela est vain, qu’on verra bien demain.

Hier encore, j’avais toute la vie devant moi. Trente ou quarante années, au bas mot. Aujourd’hui trente jours. Je pense que je ne réalise pas encore. Je dois être sous le choc.

Bon, je pense que mon fils doit avoir créé et configuré le blog. Il m’a même créé un compte Twitter. Je vais pouvoir poster ce premier billet.


À demain…" La suite ICI 

2.6.13

Jap Gambardella le magnifique



La grande injustice du dernier festival de Cannes s'appelle "La Grande Bellezza" (La Grande Beauté en VF), le dernier film de Paolo Sorrentino aurait mérité la Palme d'Or qui a été attribuée à un réalisateur dont le démagogue discours de remerciements a déclenché, à juste titre, une vive polémique. On conseillera donc aux lecteurs et lectrices du blog Rigaut de se précipiter dans les salles obscures pour déguster le magnifique film de Sorrentino. Le vrai Gatsby est italien, il s'appelle Jap Gambardella aka l'excellent comédien Toni Servillo. Ecrivain sexagénaire presque sans oeuvre, Jap Gambardella dérive avec élégance dans une Rome sublime et mortifère, méditant sur la vacuité de son existence. Pour tromper son ennui, il organise sur sa terrasse d'incroyables fêtes où le Tout-Rome vient s'étourdir dans une sorte de transe collective alimentée par les drogues et l'alcool qui coule à flots. Le jour se lève, ça m'apprendra, semble dire la moue de l'écrivain désabusé mais juste. Il y a du Jacques Rigaut chez Jap Gambardella. Quand il fait une confidence au spectateur : "J'étais destiné à la sensibilité." Rigaut a écrit lui-même : "Le Désir a été la sensibilité de mon enfance." Quand Jap croise une mondaine et qu'il lui demande son métier, la belle lui répond : "Je suis riche". "Un très beau métier", conclut-il.





27.5.13

"Le plaisir lorsque c'est une blessure."



Demain mardi 28 mai 2013, à partir de 14h30, vente aux enchères publiques chez Artcurial de manuscrits dont quelques feuillets de Jacques Rigaut. Des lignes inédites dont cet aphorisme : "Le plaisir lorsque c'est une blessure." On notera dans cette vente la présence de documents situationnistes et des correspondances inédites de Guy Debord. Le catalogue est consultable et téléchargeable en ligne.

22.5.13

La mort de Dieu




On se souvient du Scandale de Notre-Dame, le jour de Pâques, où le lettriste Michel Mourre habillé en moine dominicain annonça la mort de Dieu devant quelques milliers de fidèles médusés. Peut-on rapprocher le sermon blasphématoire de Mourre au geste définitif tout aussi blasphématoire du samouraï païen Dominique Venner. L'historien droitiste avait-il lu Drieu et Jacques Rigaut? Probablement.

"Un regret subsiste : on ne voudrait pas partir avant de s’être compromis ; on voudrait, en sortant, entraîner avec soi Notre-Dame, l’amour ou la République." (Jacques Rigaut)

12.5.13

Taylor Mead (31 décembre 1924 - 8 mai 2013)


Pic by Cati Laporte


Post du 6 juin 2005

"Finally la bibliothèque était fermée... J'appelle alors Cati qui me fait découvrir son quartier : l'East Village. En fin d'après-midi, nous nous rendons chez Bill, son ami peintre qui organise une vente de ses tableaux dans le très bel appartement d'un immeuble qui semble insignifiant de l'extérieur mais intégralement Art déco à l'intérieur. Le propriétaire aveugle nous souhaite la bienvenue. Un énorme ventilateur apporte un peu de fraîcheur aux invités auxquels on offre des grands verres de San Pellegrino glacée avec une tranche de citron. Je songe à J.R qui aurait sa place dans cette ambiance surannée... Nous ne sommes pas là par hasard. Nous discutons avec Sandy, la délicieuse dame qui tient les Ecrits de Rigaut sur la photo, elle a connu la famille du Comte de Roussy de Sales, le préfacier de "Papiers Posthumes" publié au Sans Pareil en 1934. Elle me promet de m'appeler pour me communiquer le tél d'un descendant de la famille qui vit à New York et qui j'espère a conservé les archives du Comte... Le monsieur à côté d'elle est le poète Taylor Mead qui a joué son propre rôle dans "Coffee and Cigarettes", le film de Jim Jarmush. Taylor a également joué dans les films d'Andy Wharol. Aujourd'hui, il continue à écrire de la poésie. On peut l'entendre au "Bowery Poetry Club" où je dois me rendre demain soir."

1.5.13

L'amie américaine



Cole Porter & la décoratrice d'intérieur Elsie de Wolfe,
amie de Jacques Rigaut (1934)

14.4.13

17.3.13

Anniversaire



Maurice Ronet est mort le 14 mars 1983. Trente ans déjà.

14.3.13

Rencontre


Photo @Jean-Christophe Mahé

Le soleil brillait au cimetière de Montmartre lors de l'inhumation de Daniel Darc, comme une embellie miraculeuse dans cet hiver glacé et interminable. Daniel repose désormais à quelques tombes de celle de Jacques Rigaut. Puissent leurs belles et facétieuses âmes se rencontrer. Inhumé un 14 mars, date de la mort d'Alain Bashung (14/03/2009), mais également celle de Maurice Ronet (14/03/1983).

11.3.13



"Je vais vous donner trois bonnes raisons d'aller au cimetière Montmartre : Nijinsky, mon père Abraham Rozoum et Jacques Rigaut" (Daniel Darc, Genève, 11 avril 2008)

Daniel sera inhumé vers 13h le jeudi 14 mars au cimetière de Montmartre. Une cérémonie aura lieu le même jour à l'Oratoire du Louvre à 11h15.

1.3.13

Daniel Darc (20 mai 1959 - 28 février 2013)


Chez Daniel Darc, Paris 11ème. @JLB

Quand un feu follet s'éteint

"Ne me secouez pas, je suis plein de larmes", écrivait Henri Calet quelques jours avant de mourir à 53 ans. Tu voulais lire Calet, tu voulais tout lire. Après la lecture de Calet, tu diras : "Je l’ai découvert, et j’ai eu l’impression de lire Céline, mais sans la haine. Et ça fait du bien." Ta curiosité littéraire était sans limites, chez toi dans ta grotte parisienne du 11ème où tu te réfugiais tel un Diogène des temps modernes, tu entassais les livres, des piles vertigineuses qui s'écroulaient régulièrement autour de toi, mais dans ce désordre organisé, t'arrivais toujours à mettre la main sur LE livre. Je me souviens que sur ton lit on pouvait voir la forme de ton corps dessinée par les livres. C'est là dans cette thébaïde rassurante, "cette arche immobile et tiède" que tu aimais te réfugier " loin de l'incessant déluge de la sottise humaine". (A rebours, Huysmans). C'est là qu'on t'a retrouvé, dead. Mort à l'arrivée. Comme ce futur tatouage D.O.A Dead on Arrival que tu voulais inscrire sur ta nuque. Comme un dernier clin d'œil à la mort avec laquelle tu aimais plaisanter. Pierre Drieu la Rochelle et Jacques Rigaut nous avaient réunis. Jacques Rigaut que tu considérais " comme le plus grand écrivain de tous les temps". Tu ajoutais que tu avais peur "de tendre vers le même destin que Jacques Rigaut." Je ne pense pas que tu te sois suicidé, tu aimais jouer avec la mort, mais tu n'étais pas suicidaire. Ton cœur a lâché, d'avoir trop vécu, d'avoir trop battu. "C'est sur la peau de mon cœur que l'on trouverait des rides", écrivait encore Henri Calet. Tu connaissais par cœur les dialogues du film de Louis Malle, Le Feu follet, quand ce chef d'œuvre du cinéma français était sorti en DVD, tu en avais acheté par dizaine que tu offrais à tes amis, aux gens que tu croisais. Tu pouvais aussi réciter Drieu, et Rigaut, à qui tu avais dédié ton disque "Amours suprêmes", plus précisément pas "A Jacques Rigaut" mais "Pour Jacques Rigaut". Pour c'est beaucoup plus fort que à. Tu avais l'art de la (bonne) formule et le sens du détail qui va toucher droit au cœur. Tel un admirateur transi, tu aimais emprunter les mots de ceux que tu chérissais, tu les mêlais aux tiens, des hommages référentiels que seuls les initiés pouvaient comprendre. Dans ta chanson Le Feu follet (album Nijinsky, 1994), on entend Drieu, Rigaut et Alain Leroy : " Si je suis votre ami / Aimez-moi comme je suis / D'ailleurs je ne suis pas beaucoup / J'aurais voulu être vous / Ce doit être assez doux / Quand un feu follet s'éteint / Que devient-il est-ce la fin / La fin ce doit être doux / Peut-être est-ce comme être vous / Ma vie elle ne va pas assez vite / Alors je l'accélère / Je la redresse." Dans La main au cœur (album Crèvecoeur, 2004), tu décris le suicide de Jacques Rigaut : "Je porte la main à mon cœur mais / Je ne sais plus de quel côté il est... / Quelles drôles de vies que nos vies / Suspendues à celles des femmes." Lors d'un concert à Genève en plein milieu de la chanson Nijinsky, tu avais lancé au public : "Je vais vous donner trois bonnes raisons d'aller au cimetière Montmartre : Nijinsky, mon père Abraham Rozoum et Jacques Rigaut" (Je pense à ta maman qui doit avoir le cœur brisé ce soir.) En 2005, j'ai immédiatement pensé à toi pour écrire la préface de la biographie de Jacques Rigaut. Je t'ai envoyé une lettre. Deux jours après, tu m'appelais, enthousiaste et heureux comme un enfant. Deux ans après, tu me dictais au téléphone quelques (belles) lignes (voir ci-dessous), de mon côté je peinais aussi à écrire. L'amitié prit le dessus. Mais tu y pensais toujours à cette préface. En début d'année, tu m'écrivais pour me dire que je pouvais toujours compter sur toi. Je t'avais répondu qu'il n'y avait rien d'urgent, que Rigaut venait d'arriver à New York… Il n'y aura peut-être pas de préface de D.D, mais tu seras évidemment présent dans cette vie de Jacques Rigaut. La dernière fois que je t'ai vu, tu vendais quelques-unes de tes reliques accumulées dans ton refuge, lors d'un vide-grenier près de chez toi. Ta compagne Sophie était là, protectrice et souriante (Je pense à elle aussi). Des gens te reconnaissaient, venaient te demander des autographes, tu les accueillais tout sourire avec ta gentillesse légendaire. Tu savais aussi écouter avec une infinie patience les lourds qui, dans une autre vie, t'assuraient avoir joué avec toi. Tu étais malin (dans le bon sens du terme) comme un crocodile qui ne dort que d'un œil. Même si tu avais une passion pour les lames, ton arme préférée était l'humour. Une arme défensive très efficace que tu savais manier avec élégance. Ce jour-là, tu m'as offert un disque vinyle pirate des Clash. Tu avais la générosité embarrassante. Tu voulais donner en permanence à tout le monde. Tu vidais tes poches avant qu'on te le demande. Un jour, tu m'as donné la croix que tu portais autour du cou, comme pour sceller le pacte de notre amitié. Je n'avais rien sur moi à te donner en échange. Ce soir, tu me manques déjà, terriblement. Mon frère d'armes, je te pleure.

Jean-Luc Bitton




Photo Laurent Askienazy






Ébauche inédite d'une préface à la biographie de Jacques Rigaut, Daniel Darc, août 2007"Tous les chemins mènent à mort. Ça suffit. Hop ! Tout est là ! Jacques Rigolo en quelque sorte. Drieu avait du talent, lui. Ça gêne le talent. Ça prend de la place. Plus d’endroit pour loger le génie…comme on loge une balle. Perdue, mais pas pour tous. Précise, en pleine poitrine. Les rōnin avant d’aller au combat jeûnaient plusieurs jours pour ne pas se répandre en merde au cas où le sabre les trancherait en deux. Jacques Rigaut a-t-il fait ça ? En tout cas, ça me plaît de le penser. Et puis la balle, n’était-ce pas justement pour éviter de se répandre. Ecrire on s’en fout. Il faut savoir se retenir. Nous sommes tous des dandys, nous portons les mêmes cravates serrées autour du cou ou du coude, selon les moments ou les besoins."


Mail de Daniel Darc à JLB du 15 janvier 2013"Jean-Luc, désolé : je lis seulement aujourd'hui ton mail ( je pense que Rigaut comme Gilbert-Lecomte auraient fait la même chose - ou non-chose, peut être ). Bon anniversaire, en retard. Je vais boire une bonne pinte de Guinness pour tes 53 ans! ( à nous deux ça fait 106! Quel cauchemar! ). Ah, j'oubliais : tu peux, s'il n'est pas trop tard, profiter de moi actuellement : je suis dans ma phase "up": si tu le désires, je me sens prêt pour écrire ta préface. Je t'aime.
Daniel.

P.S: j'oubliais : il semble qu'en Suisse, on puisse encore trouver le tarot de Brian Eno. Si tu m'en trouves un ça me ferait plaisir. Je te le rembourserais évidemment. Merci et à bientôt.
Daniel.

Envoyé de mon cauchemar personnel"











Photo Franck Chevalier

28.2.13

Stéphane Hessel VS Jacques Rigaut


Feu sur l’ambulance !

Hessel toujours pas mort
"S’il serait parfaitement absurde d’en nier l’incomparable utilité, il faut bien avouer que les ambulances agacent. Vous êtes à une terrasse de café, absorbé dans la lecture d’une grande œuvre, évoluant dans un univers parallèle, et voilà que l’atroce stridence vous rappelle à la trivialité des ennuis de circulation. La décharge de stress qu’induit la sirène peut soudainement envenimer une controverse jusque là courtoise, et sa prévalence sonore vous ruiner une déclaration d’amour. Il y aurait bien moyen de remédier à ces inconvénients mais l’épaisseur et la vulgarité de notre époque est telle qu’il est à peu près certain que nos suggestions resteraient lettres mortes.

Pourtant, au vu de notre puissance technologique, il ne serait tout de même pas très complexe de substituer, à ce chromatisme exaspérant, de beaux cuivres solennels et grandioses, une complainte de Verdi ou un remix electro-hardcore de Carmina Burana. Et non moins réalisable de commuter la musique d’alarme en Requiem, si le patient venait à rendre l’âme durant son transport, les voitures voisines décélérant alors en signe d’hommage, les piétons se signant ou soulevant leurs couvre-chefs au passage, tandis que les pires porcs consuméristes seraient judicieusement amenés à une méditation sur la fragilité de l’existence.

En attendant, comme ces subtils aménagements ont peu de chance d’être réalisés, on peut comprendre qu’on soit parfois saisi par la pulsion de tirer sur une ambulance. Je m’autoriserai donc à évoquer Stéphane Hessel. L’odieux vieillard, en effet, n’en finit pas de radoter. À cet âge qu’on qualifiât autrefois de « vénérable », on serait censé, à mon avis, s’être un rien détaché des affaires du monde et se préoccuper surtout de préparer sa mort. Mais non, papi Hessel n’en finit pas de gesticuler dans la lumière pour venir postillonner ses navrantes sommations.

Après Indignez-vous ! (qui promouvait donc une attitude habituellement réservée aux vieilles dames), parce que son éditeur espère sans doute refaire le coup du best-seller réalisé sur vingt pages de lieux communs, Hessel titre à présent : Vivez ! Ces mots d’ordre exprimés avec impératif plus point d’exclamation ont vraiment un détestable écho de propagande pubarde et totalitaire. « Vivez ! » Voilà qui vous donne l’envie immédiate de contacter l’Agence Générale du Suicide, que le sémillant Jacques Rigaut avait fondée au temps du Surréalisme. Non, mais ! Je vis, si je veux !

On imagine déjà les prochains articles de ce catéchisme autoritaire post-moderne ; « Luttez ! », « Mélangez-vous ! », « Souriez ! », ou n’importe quel autre ânonnement simpliste destiné aux masses abruties de slogans. Il le rentabilise à mort, en tout cas, Hessel, son quart d’heure warholien, il l’étire dans tous les sens. C’est qu’on a eu droit à ses poèmes préférés, à ses entretiens et même, puisqu’il n’y a plus aucune limite au grotesque : Stéphane Hessel et le Dalaï Lama… Si, si… Le maître ès indignations avec le pape des bouddhistes, ces gens qui justement ne s’indignent jamais mais conservent au contraire un imperturbable sourire ironique devant un monde tenu pour essentiellement illusoire. Il arrive seulement, parfois, qu’ils protestent, les bouddhistes. Auquel cas ils s’immolent.

« Immolez-vous ! » aurait écrit un Stéphane Hessel bouddhiste, et c’eût été autrement plus cocasse. Mais la seule dimension bouddhiste que notre Hessel à nous possède, c’est cette invraisemblable propension à rejoindre la vacuité. Et il faut qu’il la rejoigne avec l’envahissant chahut d’un gyrophare.

Feu sur l’ambulance !"

ROMARIC SANGARS Causeur.fr 28 avril 2012

24.2.13

Alain Virmaux R.I.P



Triste nouvelle. Alain Virmaux est mort. Il a rejoint Odette décédée en 1996. Paradoxalement, il n'existe aucun Wikipédia sur ce couple de chercheurs et historiens dont les ouvrages érudits sont précieux. Tous ceux qui s'intéressent à la littérature, à la poésie, au surréalisme, à Dada, et au Grand Jeu.... leur doivent beaucoup. J'adresse mes sincères condoléances à leurs proches.




BIBLIOGRAPHIE

Soupault, Philippe (1897-1990), Écrits de cinéma / Philippe Soupault ; textes réunis et présentés... par Alain et Odette Virmaux, Plon, 1979

La revue du cinéma : 1928-1931, 1946-1949 / préf. par Jean-Paul Le Chanois et Jacques Doniol-Valcroze ; introd., tables, index, témoignages établis et réunis par Odette et Alain Virmaux, P. Lherminier, 1979

Virmaux, Alain Dictionnaire des mouvements artistiques et littéraires, 1870-2010 : groupes, courants, pôles, foyers : littérature, peinture, théâtre, cinéma, musique, architecture, photo, bande dessinée / Alain et Odette Virmaux ; avec le concours de Prosper Hillairet et de Lucien Logette, [Nouvelle éd.] le Félin-Kiron 2012
Virmaux, Alain, La Constellation surréaliste / Alain et Odette Virmaux , la Manufacture, 1987

Dictionnaire du cinéma mondial : mouvements, écoles, courants, tendances et genres / sous la dir. d'Alain et Odette Virmaux, Éd. du Rocher, 1994

Virmaux, Alain, André Breton, qui êtes-vous ? / Alain et Odette Virmaux [Nouv. éd.], Éd. la Manufacture, 1996
Virmaux, Alain, André Breton : le pôle magnétique... / Alain et Odette Virmaux, Éd. Olbia , 1998

Virmaux, Alain, Dictionnaire mondial des mouvements littéraires et artistiques contemporains : groupes, courants, pôles, foyers : littérature, peinture, théâtre, cinéma, musique, architecture, photo, bande dessinée / Alain et Odette Virmaux, Éd. du Rocher, 1992

Virmaux, Alain, André Breton / Alain et Odette Virmaux, la Manufacture, 1987
Virmaux, Alain, Antonin Artaud et le théâtre / par Alain Virmaux, Seghers, 1977

Virmaux, Alain, Antonin Artaud et le théâtre / par Alain Virmaux, Union générale d'éditions, 1977
Les Surréalistes et le cinéma / [scénarios, textes et documents choisis et présentés par] Alain et Odette Virmaux, Seghers, 1976

Soupault, Philippe (1897-1990), Ecrits de cinéma / Philippe Soupault ; textes réunis et présentés... par Alain et Odette Virmaux, Nouv. éd., [Ramsay], 1988

Delons, André (1909-1940), Chroniques des films perdus : écrits de cinéma 1928-1933 / André Delons ; textes réunis et présentés par Alain et Odette Virmaux, Rougerie, 1995

Delons, André (1909-1940), Poèmes : 1927-1933 ; (suivis de) L'Homme désert / André Delons ; textes réunis et présentés par Alain et Odette Virmaux, Rougerie, 1986

Cramer, Hendrik (1884-1944), Visions et naissances / Hendrik Cramer,... ; présentation et notes de Alain et Odette Virmaux, Éd. du Rocher, 1988

Le "Grand jeu" et le cinéma : anthologie / [textes de] Gilbert-Lecomte, Daumal, Vailland... [et al.] ; [présentés par] Alain et Odette Virmaux, Éd. Paris expérimental, 1996
Cravan, Vaché, Rigaut ; (suivi de) Le Vaché d'avant Breton : choix d'écrits et de dessins / [réunis et présentés par] Alain et Odette Virmaux, Rougerie, 1982

Virmaux, Alain, Antonin Artaud qui êtes-vous ? / Alain et Odette Virmaux, la Manufacture, 1989

Colette (1873-1954), Au cinéma : critiques et chroniques, dialogues des films "Jeunes filles en uniforme", "Lac-aux-Dames", "Divine" / Colette ; textes réunis et présentés par Alain et Odette Virmaux, Flammarion, 1974

Virmaux, Alain, Artaud-Dulac : "La coquille et le clergyman", essai d'élucidation d'une querelle mythique / Alain et Odette Virmaux ; traduit en anglais par Dominique Virmaux et Tami Williams, [2e éd. revue et augmentée], Éd. Paris expérimental, 2009
Delons, André (1909-1940), Au carrefour du Grand jeu et du Surréalisme : textes polémiques et artistiques / André Delons ; réunis et présentés par Odette et Alain Virmaux, Rougerie,, 1988
Les Surréalistes et le cinéma / [textes réunis et présentés par] Alain et Odette Virmaux, Nouv. éd., Ramsay, 1988

Colette (1873-1954), Billets de théâtre : Ballets russes, Guitry, Mistinguett / Colette ; édition établie par Alain et Odette Virmaux, avec Élisabeth Gilet, le Félin-Kiron, 2008
Virmaux, Alain, Artaud-Dulac : "La coquille et le clergyman", essai d'élucidation d'une querelle mythique / Alain et Odette Virmaux ; trad. en anglais par Tami Williams, Éd. Paris expérimental, 1999

Roger Vailland / par René Ballet, Max Chaleil, Alain Virmaux... [et al.] Europe, 1988

Virmaux, Odette (19..-1996), Artaud : un bilan critique / Alain et Odette Virmaux, P. Belfond, 1979

Colette (1873-1954), Colette et le cinéma / [éd. par] Alain et Odette Virmaux ; avec Alain Brunet ; préf. de Claude Pichois, Fayard, 2004

La revue du cinéma : 1928-1931, 1946-1949. Tome deuxième, 1re série, numéros 11 à 19, 1930-1931 / préf. par Jean-Paul Le Chanois et Jacques Doniol-Valcroze ; introd., tables, index, témoignages établies et réunis par Odette et Alain Virmaux, Reprod. en fac-sim., P. Lherminier, 1979-.... (Cinq tomes dans la même collection)

Vailland, Roger (1907-1965), Le cinéma et l'envers du cinéma dans les années 30 : Vailland chroniqueur, critique, courriériste / Roger Vailland ; présentation et notes, Alain et Odette Virmaux, le Temps des cerises, 1999

Cocteau, Jean (1889-1963) Sur "Le sang d'un poète" / Jean Cocteau ; préf. de Dominique Noguez ; postf. d'Alain Virmaux ; textes réunis par Christian Lebrat, Éd. Paris expérimental, 2003

Gilbert-Lecomte, Roger (1907-1943), Poèmes et chroniques retrouvés / Roger Gilbert-Lecomte ; présentés par Alain et Odette Virmaux, Rougerie, 1982

Virmaux, Odette (19..-1996), Roger Gilbert-Lecomte et "Le Grand jeu" / Alain et Odette Virmaux, P. Belfond, 1981

Virmaux, Alain, Les grandes figures du surréalisme international / Alain et Odette Virmaux, Bordas

Apollinaire, Guillaume (1880-1918), La Bréhatine : cinéma-drame / par Guillaume Apollinaire et André Billy ; avant-propos et établissement du texte par Claude Tournadre ; avec une étude sur «la Bréhatine» et le cinéma, Apollinaire en quête d'un langage neuf, par Alain Virmaux..., Lettres modernes, 1971
Poètes maudits d'aujourd'hui. Introduction par Pierre Seghers. Antonin Artaud, par Alain Virmaux. Gilberte H. Dallas, par Anne Clancier. Jean-Pierre Duprey, par Bernard Noël. André Frédérique, par Hubert Juin... [Etc.] Choix de poèmes, Seghers, 1972

Vitrac, Roger (1899-1952) Lettres à Jean Puyaubert / Roger Vitrac ; présentées et réunies par Alain et Odette Virmaux, Rougerie, 1991

Virmaux, Alain, Un Genre nouveau, le ciné-roman / Alain et Odette Virmaux, EDILIG, 1983

Les grandes "écoles" esthétiques / réuni par Guy Hennebelle ; avec le concours d'Alain et Odette Virmaux, "CinémAction", 1990

Soupault, Philippe (1897-1990), Écrits de cinéma. 1, 1918-1931 / Philippe Soupault, Plon, 1979

Virmaux, Alain, Antonin Artaud et le théâtre, Seghers, 1970

22.2.13

Hommage musical à une amie de J.R.



"Comme je t'en avais parlé, c'est donc Valérie Rouzeau, ici, lisant un extrait des "Carnets" de Mireille Havet (je pense que c'est celui de 1922) pour Indochine. Comme quoi, même la poésie aussi circule... Et c'est bien pour Claire Paulhan... [Le texte dit : "Nos maîtres sont morts / Et nous sommes seuls / Notre génération n'est plus une génération / Ceux qui restent / Le rébut et le coupon / D'une génération qui promettait hélas plus qu'aucune autre /Tout le monde est désaxé / Tout / Et nous, enfants gâtés / Nés pour le plaisir du soir / La douceur des lampes / Le crépuscule qui fond les contours / Nous voici en pleine apocalypse / Nous aimons tout ce qui finit et tout ce qui meurt / Voilà pourquoi sans doute tous nos amis sont morts / Notre faute est d'y survivre"]" (Message d'Henri Graetz à JLB)

21.1.13

Gotham City


"Night, East River, New York" Johann Berthelsen (1883-1969)

Quelques nouvelles du chantier en cours. J.R. est enfin arrivé à New York cette "longue ville sans mystères, déchiffrable autant que ses rues bien aménagées pour les courants d’air." Chapitre 9. Une étape importante voire capitale dans la vie de Rigaut. Chapitre complexe avec la laborieuse nécessité de traduire les documents trouvés lors de mes recherches à Gotham City. C'est également aux Etats-Unis qu'est né Lord Patchogue... Le chapitre 10 sera consacré au retour à Paris et au suicide de J.R., puis enfin le chapitre 11, l'épilogue qui tentera d'expliquer pourquoi Rigaut a réussi à appliquer à a la lettre son fameux aphorisme qui aurait pu être gravé sur sa tombe comme épitaphe : "Je serai un grand mort."

5.1.13

Alain Leroy vs Jacques Rigaut



Pour bien commencer l'année 2013 que je vous souhaite belle,
voici le chef d'oeuvre de Louis Malle disponible en ligne dans son intégralité.
Bon film et bonne année!