21.9.19

"Vous êtes tous des poètes et moi je suis du côté de la mort."



Quand Olivier Chaudenson, le directeur de la Maison de la Poésie m'a demandé de choisir une date pour une soirée d'hommage à Jacques Rigaut, j'ai choisi évidemment le 6 novembre qui par chance était encore disponible. Le 6 novembre 2019, ce sera l'anniversaire des 90 ans de la mort de Rigaut. Cette soirée hommage sera animée par le philosophe, écrivain, cycliste, prestidigitateur, musicien et dandy aux influences dadaïstes, Yann Kerninon. J'en profite pour le remercier d'avoir accepté mon invitation. Merci également à la comédienne Alexandra Stewart, l'inoubliable Solange, partenaire de Maurice Ronet dans "Le Feu follet", qui viendra évoquer ses souvenirs de tournage de ce film désormais mythique, dont des extraits seront projetés lors de cette soirée. Le comédien Philippe Languille lira également des extraits de textes de Jacques Rigaut. Il y aura d'autres surprises... Je vous conseille de réserver d'ores et déjà vos billets sur le site de la Maison de la Poésie, il n'y a que 160 places prévues.  


13.9.19

Philippe Pascal (1956-2019)


"Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière."

23.8.19

Épreuves




Avec les épreuves brochées, le livre commence à prendre forme... Émotion. 

15.8.19

24 octobre


Tout vient à point à qui sait attendre. Parution le 24 octobre.


24.7.19

D. DAY



Sonnez trompettes!Battez tambours! C'est aujourd'hui que "Pieces of My Life", le film de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve sur l'ami Daniel, sort sur grand écran! Une sortie nationale! Une visibilité largement méritée. Profitez de cette chaleur de bête pour vous enfermer dans une salle de cinéma (climatisée). Voici la liste des salles qui accueillent cette pépite.  






23.7.19

Save the date




"A côté de la valise, posé sur la table, le revolver (et le carnet d'Alain à la page du 23 juillet, date cernée d'un coup de crayon comme sur la glace. [gros plan coupé au montage]
(...) Nouveau plan sur lui face à la grande glace sur laquelle est inscrite l'inscription "23 juillet". Il se rase au rasoir électrique avec soin."

23.6.19

"Love to be sold" (JR)





Paul Destribats (1926-2017) fut LE collectionneur de dada et du surréalisme. Il faisait partie de ces rares collectionneurs qui ouvrent leurs portes aux chercheurs afin qu'ils puissent consulter leurs trésors accumulés au fil du temps. Au début de mes recherches, il m'avait reçu chez lui pour me montrer un manuscrit de Rigaut, l'un des plus importants en terme de pagination, qui sera vendu aux enchères prochainement chez Christie's, avec le reste de cette magnifique collection d'une vie. C'est chez lui également que j'avais découvert cette émouvante lettre de Paulhan qui écrit que l'œuvre de Rigaut "mérite de rester." A l'époque, le collectionneur ne devait pas encore avoir acheté ce bel envoi de Breton à Rigaut dont j'ignorais l'existence. Concernant le manuscrit de Rigaut, le catalogue indique qu'il est inédit. C'est une erreur. Il a été publié sous le titre de "Madame x" dans les Ecrits par Martin Kay, parus chez Gallimard en 1970. Une erreur qui depuis a été rectifiée dans le catalogue en ligne. Cette vente qui se déroulera sur trois jours (3,4 et 5 juillet) avec trois (superbes) catalogues, propose 607 lots de rêve pour les amateurs et passionnés, parmi lesquels on trouve entre autres les sublimes et poignants dessins de Léona Delcourt qui inspira le personnage de Nadja à Breton, un ensemble consacré à Arthur Cravan (lettres autographes et collection de la revue Maintenant), un des dix exemplaires de tête de la première édition des Lettres de guerre de Jacques Vaché, et un ensemble consacré au Manifeste du surréalisme (épreuves corrigées, feuillets manuscrits, collages, etc.). Si vous n'avez pas les moyens financiers pour vous offrir une de ces merveilles, vous pouvez toujours vous procurer les trois catalogues de la vente disponibles en ligne pour la modique somme de 65 euros. Les catalogues sont les seules traces des collections qui restent après la dispersion...     

27.5.19

Photographie inédite




Une (magnifique) photographie inédite de Jacques Rigaut en compagnie de Tristan Tzara, prise par Man Ray en 1921, trouvée dans le (très touffu) catalogue des collections en ligne du musée national d'Art moderne (MNAM). Les deux autres personnages présents sur cette photographie sont non identifiés, pourtant celui qui nous tourne le dos me semble familier...  Tzara semble très concentré, comme s'il jouait aux échecs, mais l'objet posé devant lui semble être une sorte de maquette.   

P.S. : Merci au perspicace Fabrice Lefaix qui m'a signalé que Tzara selon sa posture était probablement sur le point de lancer des dés. Effectivement, en agrandissant l'image, on aperçoit les dés... Rigaut adorait jouer aux dés. 

21.5.19

La Poulido

Au début des années 20, les parents de Jacques Rigaut s'installèrent dans les hauteurs de Nice avec leur fils Pierre pour cultiver des œillets. Lors de ses voyages en Europe, Rigaut venait leur rendre visite en compagnie de sa riche épouse américaine. Après la mort des parents, Pierre Rigaut y vécut dans le culte de son frère Jacques. Quelques mois après le décès de Pierre Rigaut, au début des années 60, Martin Kay se fit ouvrir la maison par le métayer. Une chambre était dédiée à Jacques Rigaut avec un secrétaire chinois laqué dans lequel Martin Kay trouva des manuscrits inédits de Jacques Rigaut qu'il s'empressa de retranscrire. Bien lui en a pris, toutes les archives de la ferme, dont les manuscrits, seront dispersées plus tard lors d'une vente aux enchères à Nice. Photo : La Poulido propriété horticole des parents de Jacques Rigaut.

22.3.19

La moitié de J.R.


Le négatif d'une photo inédite où figure la moitié de Jacques Rigaut est actuellement en vente sur eBay au prix de 400 euros. Le vendeur que j'ai contacté me dit qu'il a trouvé ce négatif sur un "marché aux puces" sans autres objets reliés à Rigaut. Sur sa page eBay, le vendeur propose un tirage de ce négatif avec cette légende :  "Négatif 12 cm x 7 cm d'époque. De droite à gauche: Picabia, baronne Double , Germaine Everling, et Jacques Rigaut (la moitié !)." Je confirme qu'il s'agit bien de Jacques Rigaut et de Jeanne Double-Lecomte du Nouÿ. L'enfant qui est derrière elle est son fils, Philippe Lecomte du Nouÿ que j'avais rencontré à New York lors de mes recherches. Par contre, j'ai un doute pour Francis Picabia et Germaine Everling... Merci à @kaassassuk pour m'avoir signalé la présence de ce document sur eBay. 

17.3.19

Le grantécrivain


« Le grantécrivain est un poète maudit qui fait de vieux os. » Dominique Noguez, 1942-2019. 

J'ai pris cette photographie de Dominique Noguez et Michel Houellebecq fin juillet 1999, lors d'un week-end à La Baule. C'était le temps de l'amitié, puis ce fut "l'agonie des amitiés", expression utilisée par Philippe Soupault à la fin du mouvement Dada. A l'occasion de la parution de mon "Salut à Jacques Rigaut" dans La Nouvelle Revue française en octobre 2004, Dominique s'était donné la peine de m'écrire pour me dire de manière amicale qu'il faisait partie de ceux qui se souciaient de Jacques Rigaut. C'est avec tristesse que je vais devoir ajouter une petite croix aux côtés de son nom dans la longue liste des remerciements de la biographie de Jacques Rigaut. 





28.2.19

28 février


Daniel Darc / Pieces of my life from S & Co on Vimeo.

En ce jour anniversaire de la disparition de Daniel Darc, laissez-moi vous présenter "Pieces of my life", ce très beau et forcément émouvant documentaire de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve avec en fils conducteurs, Marc Dufaud lui-même, Frédéric Lo, celui qui a contribué à la résurrection musicale de Daniel avec l'album "Crèvecœur" et Georges Delaney Blue (Betzounis) le complice et ami de toujours. Le film qui a pu voir le jour grâce à un financement participatif contient de nombreuses archives inédites. Il a été présenté en première mondiale le 15 février 2019 dans le cadre du festival Fame à la Gaité Lyrique et a obtenu le Prix du public. Les réalisateurs et leur producteur sont à la recherche de distributeurs pour que le film soit diffusé en salle sur grand écran. Il le mérite.   

10.2.19

Todos os Espelhos Refletem Meu Nome



Décidément,  les Brésiliens ne sont pas indifférents à la prose aphoristique de Jacques Rigaut. Dans le post précédent, j'évoquais une thèse brésilienne consacrée à Lord Patchogue et voici qu'une troupe de théâtre de Betim (j'avoue que j'ai dû consulter Wikipédia pour savoir où se trouve cette ville de la région de Belo Horizonte) s'est inspirée des textes de J.R. pour créer une pièce intitulée "Todos os Espelhos Refletem Meu Nome" (Tous les miroirs reflètent mon nom). Plusieurs représentations de cette pièce seront données durant le mois de février 2019.

"Basé sur le travail de Jacques Rigaut, la pièce écrite et dirigée par Marcel Luiz apporte des moments de réflexion sur la décision d'un homme. "Tous les miroirs reflètent mon nom"  est la première pièce mise en scène par la compagnie betinense grupatum. Le directeur Marcel Luiz (qui signe également le texte du spectacle) dépeint avec beaucoup de légèreté les dernières années de vie du poète français Jacques Rigaut, et se promène par ses désirs et ses divagations sur le suicide." (Traduction Google donc approximative) 


6.11.18

Thesis


Aujourd'hui, il y a exactement 89 ans, Jacques Rigaut se tirait une balle dans le cœur sur son lit, dans sa chambre de la maison de repos du docteur Le Savoureux à la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry.  Depuis plusieurs années, au Brésil, l'universitaire Renato Factori Canova travaille sur la vie et l'œuvre de Jacques Rigaut. Renato doit être probablement le seul dadaïste brésilien... Il a choisi la date du 6 novembre pour annoncer sur son compte  Instagram (@palentete) la soutenance de sa thèse sur Jacques Rigaut qui s'intitule : "A tanatographie de um Littératuricide : da Experiência-Limite à Estética da Desistência nos Epitáfios de Jacques Rigaut". Notre ami dada a également choisi une autre date symbolique pour soutenir sa thèse : le 9 novembre, jour d'inhumation de Jacques Rigaut au cimetière de Montmartre. Cette soutenance de thèse aura lieu à la Pontificale Université Catholique de São Paulo au Brésil. Rue Monte Alegre n. 984, Perdizes. Date et heure: le 9 novembre 2018 à 18h30 (heure locale). La thèse sera retransmise en direct sur le compte Instagram de Renato Factori Canova : @palentete

"Jacques Rigaut a fait des flammes de son feu follet. Jacques Rigaut est la lettre chargée dans sa nudité glaciale et sèche, mais qui nous implique dans la chaleur qui émane de son feu follet. Son suicide est le statut d'une anti-œuvre naissante et qui prend la marque perpétuelle de son absence... une absence flamboyante."   (Renato F. Canova)


5.11.18

Demain



"Demain, je me tue." (Alain Leroy)
Tombe de Jacques Rigaut, le 5 novembre 2018, 
cimetière de Montmartre. 


18.10.18

WANTED


Rigaut-Vaché-Cravan, ce triptyque légendaire que certains ont nommé un peu trop rapidement les "suicidés de la société". Arthur Cravan, poète-boxeur, est porté disparu depuis cent ans! En octobre 1918, il disparaissait en mer dans le Golfe de Tehuantepec au Mexique. Il essayait un bateau avec lequel il comptait rejoindre sa femme Mina Loy à Buenos Aires. Cravan ce visionnaire qui écrivait : "Dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes et l'on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme."

12.9.18

"Qui a tué qui ?"




Ce dessin non signé (Topor?*) trouvé sur la Toile m’a fait évidemment penser aux dernières heures de Jacques Rigaut. Nouvelles du front rigaltien : Annie Le Brun m’a donné hier la préface qu’elle a écrite pour la biographie. Un très beau texte qui apporte la pièce ultime à ce puzzle que j’ai tenté de reconstituer, à l’image de ces morceaux de miroirs dans lesquels Lord Patchogue se reflète vainement. Je vous offre en primeur le titre de cette préface : « Qui a tué qui?»

* Merci à Stéphane Bernard pour m'avoir signalé que ce dessin avait paru en 1960 dans le premier recueil de dessins de Topor intitulé Les masochistes

29.8.18

Memento Mori


Qui sont ces gens qui jugent sévèrement Jacqueline Jencquel, qui lui jettent l’opprobre,  parce qu'elle a décidé, alors qu'elle est en bonne santé, de fixer la date de sa mort en recourant au suicide assisté? Quelle hypocrisie et lâcheté bien française dans ce faux débat interminable sur l'euthanasie et le suicide assisté! Une euthanasie pratiquée aujourd'hui quotidiennement en catimini dans les hôpitaux français par des pauvres infirmières qu'on laisse dans le désarroi et la culpabilité. Oui, qui sont-ils ces forcenés de la vie à tout prix? Certains intellectuels paresseux les classent parmi les réactionnaires, alors que leur acharnement à vivre et à ne pas laisser mourir, les rapprochent plutôt du camp des progressistes sectaires comme les délirants transhumanistes qui rêvent d'immortalité.  On aimerait les voir ces gens au seuil de leur vie... Comme piqûre (de rappel) on leur dédie ces quelques citations d'André Breton et d'Henri Roorda. 


« Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure, liberté au moins théorique mais qui vaut peut-être la peine d’être conquise par une lutte acharnée contre la lâcheté et tous les pièges d’une nécessité faite homme, en relation par trop obscure, par trop peu suivie, avec la nécessité naturelle." (André Breton)


"On attend la mort quand on ne peut plus rien attendre de la vie. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de celui qui veut s'en aller. Je n'ai jamais compris l'obstination avec laquelle les vivants retiennent dans leur agréable société le malheureux qui voudrait mettre une fin définitive à ses maux physiques ou à son désespoir. Le désespéré  parvient parfois à s'évader. Mais dans bien des cas, la fuite est impossible : des philanthropes surveillent celui qu'ils ont condamné à vivre. Je voudrais que le plus pauvres des hommes fût au moins le propriétaire d'une chose : de sa peau. Les malheureux n'ont pas demandé à venir dans le monde de la lumière. Qu'ils aient au moins le droit de s'en aller." (Henri Roorda)

23.7.18

22.7.18

Ce qui n'a pas de prix




Des nouvelles du front rigaltien. La biographie de Jacques Rigaut paraîtra chez Gallimard très probablement en octobre 2019 dans un hors-série des Cahiers de la NRF. Un livre de 800 pages qui comportera un cahier iconographique, de nombreuses notes et un index. Le meilleur pour la fin : l'ouvrage sera préfacé par la magnifique Annie Le Brun. Je suis comblé.