27.5.19

Photographie inédite




Une (magnifique) photographie inédite de Jacques Rigaut en compagnie de Tristan Tzara, prise par Man Ray en 1921, trouvée dans le (très touffu) catalogue des collections en ligne du musée national d'Art moderne (MNAM). Les deux autres personnages présents sur cette photographie sont non identifiés, pourtant celui qui nous tourne le dos me semble familier...  Tzara semble très concentré, comme s'il jouait aux échecs, mais l'objet posé devant lui semble être une sorte de maquette.   

P.S. : Merci au perspicace Fabrice Lefaix qui m'a signalé que Tzara selon sa posture était probablement sur le point de lancer des dés. Effectivement, en agrandissant l'image, on aperçoit les dés... Rigaut adorait jouer aux dés. 

21.5.19

La Poulido

Au début des années 20, les parents de Jacques Rigaut s'installèrent dans les hauteurs de Nice avec leur fils Pierre pour cultiver des œillets. Lors de ses voyages en Europe, Rigaut venait leur rendre visite en compagnie de sa riche épouse américaine. Après la mort des parents, Pierre Rigaut y vécut dans le culte de son frère Jacques. Quelques mois après le décès de Pierre Rigaut, au début des années 60, Martin Kay se fit ouvrir la maison par le métayer. Une chambre était dédiée à Jacques Rigaut avec un secrétaire chinois laqué dans lequel Martin Kay trouva des manuscrits inédits de Jacques Rigaut qu'il s'empressa de retranscrire. Bien lui en a pris, toutes les archives de la ferme, dont les manuscrits, seront dispersées plus tard lors d'une vente aux enchères à Nice. Photo : La Poulido propriété horticole des parents de Jacques Rigaut.

22.3.19

La moitié de J.R.


Le négatif d'une photo inédite où figure la moitié de Jacques Rigaut est actuellement en vente sur eBay au prix de 400 euros. Le vendeur que j'ai contacté me dit qu'il a trouvé ce négatif sur un "marché aux puces" sans autres objets reliés à Rigaut. Sur sa page eBay, le vendeur propose un tirage de ce négatif avec cette légende :  "Négatif 12 cm x 7 cm d'époque. De droite à gauche: Picabia, baronne Double , Germaine Everling, et Jacques Rigaut (la moitié !)." Je confirme qu'il s'agit bien de Jacques Rigaut et de Jeanne Double-Lecomte du Nouÿ. L'enfant qui est derrière elle est son fils, Philippe Lecomte du Nouÿ que j'avais rencontré à New York lors de mes recherches. Par contre, j'ai un doute pour Francis Picabia et Germaine Everling... Merci à @kaassassuk pour m'avoir signalé la présence de ce document sur eBay. 

17.3.19

Le grantécrivain


« Le grantécrivain est un poète maudit qui fait de vieux os. » Dominique Noguez, 1942-2019. 

J'ai pris cette photographie de Dominique Noguez et Michel Houellebecq fin juillet 1999, lors d'un week-end à La Baule. C'était le temps de l'amitié, puis ce fut "l'agonie des amitiés", expression utilisée par Philippe Soupault à la fin du mouvement Dada. A l'occasion de la parution de mon "Salut à Jacques Rigaut" dans La Nouvelle Revue française en octobre 2004, Dominique s'était donné la peine de m'écrire pour me dire de manière amicale qu'il faisait partie de ceux qui se souciaient de Jacques Rigaut. C'est avec tristesse que je vais devoir ajouter une petite croix aux côtés de son nom dans la longue liste des remerciements de la biographie de Jacques Rigaut. 





28.2.19

28 février


Daniel Darc / Pieces of my life from S & Co on Vimeo.

En ce jour anniversaire de la disparition de Daniel Darc, laissez-moi vous présenter "Pieces of my life", ce très beau et forcément émouvant documentaire de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve avec en fils conducteurs, Marc Dufaud lui-même, Frédéric Lo, celui qui a contribué à la résurrection musicale de Daniel avec l'album "Crèvecœur" et Georges Delaney Blue (Betzounis) le complice et ami de toujours. Le film qui a pu voir le jour grâce à un financement participatif contient de nombreuses archives inédites. Il a été présenté en première mondiale le 15 février 2019 dans le cadre du festival Fame à la Gaité Lyrique et a obtenu le Prix du public. Les réalisateurs et leur producteur sont à la recherche de distributeurs pour que le film soit diffusé en salle sur grand écran. Il le mérite.   

10.2.19

Todos os Espelhos Refletem Meu Nome



Décidément,  les Brésiliens ne sont pas indifférents à la prose aphoristique de Jacques Rigaut. Dans le post précédent, j'évoquais une thèse brésilienne consacrée à Lord Patchogue et voici qu'une troupe de théâtre de Betim (j'avoue que j'ai dû consulter Wikipédia pour savoir où se trouve cette ville de la région de Belo Horizonte) s'est inspirée des textes de J.R. pour créer une pièce intitulée "Todos os Espelhos Refletem Meu Nome" (Tous les miroirs reflètent mon nom). Plusieurs représentations de cette pièce seront données durant le mois de février 2019.

"Basé sur le travail de Jacques Rigaut, la pièce écrite et dirigée par Marcel Luiz apporte des moments de réflexion sur la décision d'un homme. "Tous les miroirs reflètent mon nom"  est la première pièce mise en scène par la compagnie betinense grupatum. Le directeur Marcel Luiz (qui signe également le texte du spectacle) dépeint avec beaucoup de légèreté les dernières années de vie du poète français Jacques Rigaut, et se promène par ses désirs et ses divagations sur le suicide." (Traduction Google donc approximative) 


6.11.18

Thesis


Aujourd'hui, il y a exactement 89 ans, Jacques Rigaut se tirait une balle dans le cœur sur son lit, dans sa chambre de la maison de repos du docteur Le Savoureux à la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry.  Depuis plusieurs années, au Brésil, l'universitaire Renato Factori Canova travaille sur la vie et l'œuvre de Jacques Rigaut. Renato doit être probablement le seul dadaïste brésilien... Il a choisi la date du 6 novembre pour annoncer sur son compte  Instagram (@palentete) la soutenance de sa thèse sur Jacques Rigaut qui s'intitule : "A tanatographie de um Littératuricide : da Experiência-Limite à Estética da Desistência nos Epitáfios de Jacques Rigaut". Notre ami dada a également choisi une autre date symbolique pour soutenir sa thèse : le 9 novembre, jour d'inhumation de Jacques Rigaut au cimetière de Montmartre. Cette soutenance de thèse aura lieu à la Pontificale Université Catholique de São Paulo au Brésil. Rue Monte Alegre n. 984, Perdizes. Date et heure: le 9 novembre 2018 à 18h30 (heure locale). La thèse sera retransmise en direct sur le compte Instagram de Renato Factori Canova : @palentete

"Jacques Rigaut a fait des flammes de son feu follet. Jacques Rigaut est la lettre chargée dans sa nudité glaciale et sèche, mais qui nous implique dans la chaleur qui émane de son feu follet. Son suicide est le statut d'une anti-œuvre naissante et qui prend la marque perpétuelle de son absence... une absence flamboyante."   (Renato F. Canova)


5.11.18

Demain



"Demain, je me tue." (Alain Leroy)
Tombe de Jacques Rigaut, le 5 novembre 2018, 
cimetière de Montmartre. 


18.10.18

WANTED


Rigaut-Vaché-Cravan, ce triptyque légendaire que certains ont nommé un peu trop rapidement les "suicidés de la société". Arthur Cravan, poète-boxeur, est porté disparu depuis cent ans! En octobre 1918, il disparaissait en mer dans le Golfe de Tehuantepec au Mexique. Il essayait un bateau avec lequel il comptait rejoindre sa femme Mina Loy à Buenos Aires. Cravan ce visionnaire qui écrivait : "Dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes et l'on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme."

12.9.18

"Qui a tué qui ?"




Ce dessin non signé (Topor?*) trouvé sur la Toile m’a fait évidemment penser aux dernières heures de Jacques Rigaut. Nouvelles du front rigaltien : Annie Le Brun m’a donné hier la préface qu’elle a écrite pour la biographie. Un très beau texte qui apporte la pièce ultime à ce puzzle que j’ai tenté de reconstituer, à l’image de ces morceaux de miroirs dans lesquels Lord Patchogue se reflète vainement. Je vous offre en primeur le titre de cette préface : « Qui a tué qui?»

* Merci à Stéphane Bernard pour m'avoir signalé que ce dessin avait paru en 1960 dans le premier recueil de dessins de Topor intitulé Les masochistes. 

29.8.18

Memento Mori


Qui sont ces gens qui jugent sévèrement Jacqueline Jencquel, qui lui jettent l’opprobre,  parce qu'elle a décidé, alors qu'elle est en bonne santé, de fixer la date de sa mort en recourant au suicide assisté? Quelle hypocrisie et lâcheté bien française dans ce faux débat interminable sur l'euthanasie et le suicide assisté! Une euthanasie pratiquée aujourd'hui quotidiennement en catimini dans les hôpitaux français par des pauvres infirmières qu'on laisse dans le désarroi et la culpabilité. Oui, qui sont-ils ces forcenés de la vie à tout prix? Certains intellectuels paresseux les classent parmi les réactionnaires, alors que leur acharnement à vivre et à ne pas laisser mourir, les rapprochent plutôt du camp des progressistes sectaires comme les délirants transhumanistes qui rêvent d'immortalité.  On aimerait les voir ces gens au seuil de leur vie... Comme piqûre (de rappel) on leur dédie ces quelques citations d'André Breton et d'Henri Roorda. 


« Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure, liberté au moins théorique mais qui vaut peut-être la peine d’être conquise par une lutte acharnée contre la lâcheté et tous les pièges d’une nécessité faite homme, en relation par trop obscure, par trop peu suivie, avec la nécessité naturelle." (André Breton)


"On attend la mort quand on ne peut plus rien attendre de la vie. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de celui qui veut s'en aller. Je n'ai jamais compris l'obstination avec laquelle les vivants retiennent dans leur agréable société le malheureux qui voudrait mettre une fin définitive à ses maux physiques ou à son désespoir. Le désespéré  parvient parfois à s'évader. Mais dans bien des cas, la fuite est impossible : des philanthropes surveillent celui qu'ils ont condamné à vivre. Je voudrais que le plus pauvres des hommes fût au moins le propriétaire d'une chose : de sa peau. Les malheureux n'ont pas demandé à venir dans le monde de la lumière. Qu'ils aient au moins le droit de s'en aller." (Henri Roorda)

23.7.18

22.7.18

Ce qui n'a pas de prix




Des nouvelles du front rigaltien. La biographie de Jacques Rigaut paraîtra chez Gallimard très probablement en octobre 2019 dans un hors-série des Cahiers de la NRF. Un livre de 800 pages qui comportera un cahier iconographique, de nombreuses notes et un index. Le meilleur pour la fin : l'ouvrage sera préfacé par la magnifique Annie Le Brun. Je suis comblé.

26.6.18

Spéculation épistolaire


Un libraire de livres anciens m'a appelé récemment pour m'informer que cinq lettres de Jacques Rigaut étaient passées en vente. Elles faisaient partie d'un lot d'autographes (lot 23), raison pour laquelle, il ne les avait pas remarquées. Sinon, il m'aurait appelé avant pour que je puisse les consulter lors des expositions publiques. J'ai appelé immédiatement le responsable de la vente en espérant que les lettres n'aient pas été encore envoyées à l'acheteur. Hélas, elles étaient déjà parties... La maison de vente va transmettre à l'acheteur ma demande de consultation, en espérant que ce dernier soit sensible à la cause littéraire. Si c'est un marchand, il y a peu de chance que ma demande soit acceptée. Selon mon libraire, il s'agirait de lettres envoyées à Robbie Robertson, la compagne de Pierre de Massot qui fut également la maîtresse de la poétesse Mireille Havet. Je connaissais l'existence de ces lettres qui appartenaient au bibliophile Jean Bélias, suite à sa disparition, sa collection et ses archives personnelles ont été dispersées dans des circonstances troubles. De son vivant, Jean Bélias m'avait dit qu'il avait vendu cette dizaine de lettres de Jacques Rigaut à un collectionneur suisse, et que leur contenu n'était pas très intéressant. Mais pour un biographie, le moindre mot peut donner une dimension nouvelle à ses investigations, en permettant entre autres de recouper d'autres informations en sa possession. Il faut espérer que ces lettres resurgissent un jour et que leur contenu soit partagé par leur propriétaire.    

20.6.18

Entoilage


Le film avec lequel tout a commencé... Depuis longtemps, je cherchais l'affiche originale du Feu follet. Il y a eu deux affiches pour la sortie officielle du film en 1963 dans les salles françaises. La plus réussie est celle avec la photographie de Maurice Ronet place des Vosges, la plus rare aussi car imprimée à peu d'exemplaires. Elle mérite un entoilage qui sera suivi d'un encadrage. 

9.5.18

On my radio

A 41 minutes, Raphaël Sorin évoque Jacques Rigaut. Je le trouve un peu injuste avec les "Ecrits" de J.R. chez Gallimard par Martin Kay. Un travail d'édition minutieux qui a été salué par la critique lors de sa parution en 1970.


2.5.18

Work In Progress



"Choisir, donc exclure", écrivait le philosophe Henri Bergson. Préparation du cahier iconographique qui ne peut contenir que 32 photos, en variant évidemment les tailles de reproduction, de la vignette à la pleine page. Un premier choix d'abord des photographies évoquées dans le texte, puis un second choix, plus crucial, car sur quels critères choisir ou exclure? Telle est la question. Il y a une solution : négocier auprès de l'éditeur deux cahiers iconographiques. Une négociation qui s'annonce incertaine étant donné les nécessités économiques de l'édition contemporaine qui sont orientées vers une réduction drastique des coûts de fabrication.   

1.5.18

Happiness is a warm gun


"Mon livre de chevet, c'est un revolver." (Jacques Rigaut)


6.4.18

Tattoo You


"Je vous aime assez pour n’avoir rien à vous dire. Un clin d’œil vers vous pour être assuré que je suis là. Les proverbes, vous vous rappelez, la plus belle fille du monde ne peut me donner que ce que j’ai." (Jacques Rigaut)