6.11.18

Thesis


Aujourd'hui, il y a exactement 89 ans, Jacques Rigaut se tirait une balle dans le cœur sur son lit, dans sa chambre de la maison de repos du docteur Le Savoureux à la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry.  Depuis plusieurs années, au Brésil, l'universitaire Renato Factori Canova travaille sur la vie et l'œuvre de Jacques Rigaut. Renato doit être probablement le seul dadaïste brésilien... Il a choisi la date du 6 novembre pour annoncer sur son compte  Instagram (@palentete) la soutenance de sa thèse sur Jacques Rigaut qui s'intitule : "A tanatographie de um Littératuricide : da Experiência-Limite à Estética da Desistência nos Epitáfios de Jacques Rigaut". Notre ami dada a également choisi une autre date symbolique pour soutenir sa thèse : le 9 novembre, jour d'inhumation de Jacques Rigaut au cimetière de Montmartre. Cette soutenance de thèse aura lieu à la Pontificale Université Catholique de São Paulo au Brésil. Rue Monte Alegre n. 984, Perdizes. Date et heure: le 9 novembre 2018 à 18h30 (heure locale). La thèse sera retransmise en direct sur le compte Instagram de Renato Factori Canova : @palentete

"Jacques Rigaut a fait des flammes de son feu follet. Jacques Rigaut est la lettre chargée dans sa nudité glaciale et sèche, mais qui nous implique dans la chaleur qui émane de son feu follet. Son suicide est le statut d'une anti-œuvre naissante et qui prend la marque perpétuelle de son absence... une absence flamboyante."   (Renato F. Canova)


5.11.18

Demain



"Demain, je me tue." (Alain Leroy)
Tombe de Jacques Rigaut, le 5 novembre 2018, 
cimetière de Montmartre. 


18.10.18

WANTED


Rigaut-Vaché-Cravan, ce triptyque légendaire que certains ont nommé un peu trop rapidement les "suicidés de la société". Arthur Cravan, poète-boxeur, est porté disparu depuis cent ans! En octobre 1918, il disparaissait en mer dans le Golfe de Tehuantepec au Mexique. Il essayait un bateau avec lequel il comptait rejoindre sa femme Mina Loy à Buenos Aires. Cravan ce visionnaire qui écrivait : "Dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes et l'on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme."

12.9.18

"Qui a tué qui ?"




Ce dessin non signé (Topor?*) trouvé sur la Toile m’a fait évidemment penser aux dernières heures de Jacques Rigaut. Nouvelles du front rigaltien : Annie Le Brun m’a donné hier la préface qu’elle a écrite pour la biographie. Un très beau texte qui apporte la pièce ultime à ce puzzle que j’ai tenté de reconstituer, à l’image de ces morceaux de miroirs dans lesquels Lord Patchogue se reflète vainement. Je vous offre en primeur le titre de cette préface : « Qui a tué qui?»

* Merci à Stéphane Bernard pour m'avoir signalé que ce dessin avait paru en 1960 dans le premier recueil de dessins de Topor intitulé Les masochistes

29.8.18

Memento Mori


Qui sont ces gens qui jugent sévèrement Jacqueline Jencquel, qui lui jettent l’opprobre,  parce qu'elle a décidé, alors qu'elle est en bonne santé, de fixer la date de sa mort en recourant au suicide assisté? Quelle hypocrisie et lâcheté bien française dans ce faux débat interminable sur l'euthanasie et le suicide assisté! Une euthanasie pratiquée aujourd'hui quotidiennement en catimini dans les hôpitaux français par des pauvres infirmières qu'on laisse dans le désarroi et la culpabilité. Oui, qui sont-ils ces forcenés de la vie à tout prix? Certains intellectuels paresseux les classent parmi les réactionnaires, alors que leur acharnement à vivre et à ne pas laisser mourir, les rapprochent plutôt du camp des progressistes sectaires comme les délirants transhumanistes qui rêvent d'immortalité.  On aimerait les voir ces gens au seuil de leur vie... Comme piqûre (de rappel) on leur dédie ces quelques citations d'André Breton et d'Henri Roorda. 


« Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure, liberté au moins théorique mais qui vaut peut-être la peine d’être conquise par une lutte acharnée contre la lâcheté et tous les pièges d’une nécessité faite homme, en relation par trop obscure, par trop peu suivie, avec la nécessité naturelle." (André Breton)


"On attend la mort quand on ne peut plus rien attendre de la vie. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de celui qui veut s'en aller. Je n'ai jamais compris l'obstination avec laquelle les vivants retiennent dans leur agréable société le malheureux qui voudrait mettre une fin définitive à ses maux physiques ou à son désespoir. Le désespéré  parvient parfois à s'évader. Mais dans bien des cas, la fuite est impossible : des philanthropes surveillent celui qu'ils ont condamné à vivre. Je voudrais que le plus pauvres des hommes fût au moins le propriétaire d'une chose : de sa peau. Les malheureux n'ont pas demandé à venir dans le monde de la lumière. Qu'ils aient au moins le droit de s'en aller." (Henri Roorda)

23.7.18

22.7.18

Ce qui n'a pas de prix




Des nouvelles du front rigaltien. La biographie de Jacques Rigaut paraîtra chez Gallimard très probablement en octobre 2019 dans un hors-série des Cahiers de la NRF. Un livre de 800 pages qui comportera un cahier iconographique, de nombreuses notes et un index. Le meilleur pour la fin : l'ouvrage sera préfacé par la magnifique Annie Le Brun. Je suis comblé.