12.9.18

"Qui a tué qui ?"




Ce dessin non signé (Topor?*) trouvé sur la Toile m’a fait évidemment penser aux dernières heures de Jacques Rigaut. Nouvelles du front rigaltien : Annie Le Brun m’a donné hier la préface qu’elle a écrite pour la biographie. Un très beau texte qui apporte la pièce ultime à ce puzzle que j’ai tenté de reconstituer, à l’image de ces morceaux de miroirs dans lesquels Lord Patchogue se reflète vainement. Je vous offre en primeur le titre de cette préface : « Qui a tué qui?»

* Merci à Stéphane Bernard pour m'avoir signalé que ce dessin avait paru en 1960 dans le premier recueil de dessins de Topor intitulé Les masochistes

29.8.18

Memento Mori


Qui sont ces gens qui jugent sévèrement Jacqueline Jencquel, qui lui jettent l’opprobre,  parce qu'elle a décidé, alors qu'elle est en bonne santé, de fixer la date de sa mort en recourant au suicide assisté? Quelle hypocrisie et lâcheté bien française dans ce faux débat interminable sur l'euthanasie et le suicide assisté! Une euthanasie pratiquée aujourd'hui quotidiennement en catimini dans les hôpitaux français par des pauvres infirmières qu'on laisse dans le désarroi et la culpabilité. Oui, qui sont-ils ces forcenés de la vie à tout prix? Certains intellectuels paresseux les classent parmi les réactionnaires, alors que leur acharnement à vivre et à ne pas laisser mourir, les rapprochent plutôt du camp des progressistes sectaires comme les délirants transhumanistes qui rêvent d'immortalité.  On aimerait les voir ces gens au seuil de leur vie... Comme piqûre (de rappel) on leur dédie ces quelques citations d'André Breton et d'Henri Roorda. 


« Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure, liberté au moins théorique mais qui vaut peut-être la peine d’être conquise par une lutte acharnée contre la lâcheté et tous les pièges d’une nécessité faite homme, en relation par trop obscure, par trop peu suivie, avec la nécessité naturelle." (André Breton)


"On attend la mort quand on ne peut plus rien attendre de la vie. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de celui qui veut s'en aller. Je n'ai jamais compris l'obstination avec laquelle les vivants retiennent dans leur agréable société le malheureux qui voudrait mettre une fin définitive à ses maux physiques ou à son désespoir. Le désespéré  parvient parfois à s'évader. Mais dans bien des cas, la fuite est impossible : des philanthropes surveillent celui qu'ils ont condamné à vivre. Je voudrais que le plus pauvres des hommes fût au moins le propriétaire d'une chose : de sa peau. Les malheureux n'ont pas demandé à venir dans le monde de la lumière. Qu'ils aient au moins le droit de s'en aller." (Henri Roorda)

23.7.18

22.7.18

Ce qui n'a pas de prix




Des nouvelles du front rigaltien. La biographie de Jacques Rigaut paraîtra chez Gallimard très probablement en octobre 2019 dans un hors-série des Cahiers de la NRF. Un livre de 800 pages qui comportera un cahier iconographique, de nombreuses notes et un index. Le meilleur pour la fin : l'ouvrage sera préfacé par la magnifique Annie Le Brun. Je suis comblé.

26.6.18

Spéculation épistolaire


Un libraire de livres anciens m'a appelé récemment pour m'informer que cinq lettres de Jacques Rigaut étaient passées en vente. Elles faisaient partie d'un lot d'autographes (lot 23), raison pour laquelle, il ne les avait pas remarquées. Sinon, il m'aurait appelé avant pour que je puisse les consulter lors des expositions publiques. J'ai appelé immédiatement le responsable de la vente en espérant que les lettres n'aient pas été encore envoyées à l'acheteur. Hélas, elles étaient déjà parties... La maison de vente va transmettre à l'acheteur ma demande de consultation, en espérant que ce dernier soit sensible à la cause littéraire. Si c'est un marchand, il y a peu de chance que ma demande soit acceptée. Selon mon libraire, il s'agirait de lettres envoyées à Robbie Robertson, la compagne de Pierre de Massot qui fut également la maîtresse de la poétesse Mireille Havet. Je connaissais l'existence de ces lettres qui appartenaient au bibliophile Jean Bélias, suite à sa disparition, sa collection et ses archives personnelles ont été dispersées dans des circonstances troubles. De son vivant, Jean Bélias m'avait dit qu'il avait vendu cette dizaine de lettres de Jacques Rigaut à un collectionneur suisse, et que leur contenu n'était pas très intéressant. Mais pour un biographie, le moindre mot peut donner une dimension nouvelle à ses investigations, en permettant entre autres de recouper d'autres informations en sa possession. Il faut espérer que ces lettres resurgissent un jour et que leur contenu soit partagé par leur propriétaire.    

20.6.18

Entoilage


Le film avec lequel tout a commencé... Depuis longtemps, je cherchais l'affiche originale du Feu follet. Il y a eu deux affiches pour la sortie officielle du film en 1963 dans les salles françaises. La plus réussie est celle avec la photographie de Maurice Ronet place des Vosges, la plus rare aussi car imprimée à peu d'exemplaires. Elle mérite un entoilage qui sera suivi d'un encadrage. 

9.5.18

On my radio

A 41 minutes, Raphaël Sorin évoque Jacques Rigaut. Je le trouve un peu injuste avec les "Ecrits" de J.R. chez Gallimard par Martin Kay. Un travail d'édition minutieux qui a été salué par la critique lors de sa parution en 1970.