Clap de fin pour le journaliste et critique cinématographique Michel Boujut décédé le 29 mai 2011 à l'âge de 71 ans d'une hépatite foudroyante. Qui aime le cinéma se souvient du sublime générique (voir ci-dessous) de la légendaire et mélancolique émission "Cinéma, cinémas" dont Michel Boujut était le producteur au début des années 80. Boujut était l'ami de Wim Wenders auquel il avait consacré un remarquable essai. En 1982, il avait donné carte blanche au réalisateur de "L'ami américain" pour un documentaire destiné à son émission. Wenders réalisa alors "Quand je m'éveille", une sorte de journal filmé de 17 minutes tourné en 16 mm. Le titre renvoie aux premiers mots du roman d'Emmanuel Bove "Mes amis" : "Quand je m'éveille, ma bouche est ouverte. Mes dents sont grasses : les brosser le soir serait mieux, mais je n'en ai jamais le courage. Des larmes ont séché aux coins de mes paupières. Mes épaules ne me font plus mal." Lors d'un travelling dans un appartement new-yorkais, on aperçoit d'ailleurs un exemplaire du roman. Wenders est un lecteur admirateur de Bove qu'il a connu grâce à Peter Handke son traducteur en Allemagne. J'ai eu la chance de rencontrer Handke et Wenders, mais je n'avais jamais croisé la route de Michel Boujut, jusqu'au 18 février dernier à la librairie genevoise Le Rameau d'Or, où Boujut était venu signer son dernier livre « Le jour où Gary Cooper est mort », une autobiographie dont le fil conducteur est sa désertion durant la guerre d'Algérie, qui le pousse à se cacher dans les salles obscures de Paris, où il découvre sa cinéphilie boulimique. Lors de cette chaleureuse conversation, nous avons évoqué Emmanuel Bove, les surréalistes et... Jacques Rigaut qu'il avait lu. Dans son ultime ouvrage, Boujut évoque également "le Feu follet": "Le film de Louis Malle constitue le plus sûr reflet de la ville où mon destin s'est inscrit un court moment. C'est mon décor intime, j'y retrouve mes repères, mieux que dans tout autre. Je marche dans les images d'un film que j'entendrais son auteur,pâle et défait, commenter un jour à Florence, de retour d'un voyage au long cours. Dans la fatigue du décalage horaire, un peu flottant, Malle trouve les mots justes, ceux qui collent à la fatigue existentielle de son héros, Alain Leroy, interprété si sobrement par Maurice Ronet." A la fin de notre rencontre, Michel Boujut nota les références de la biographie de Bove, je ne sais pas s'il a eu le temps de la lire, mais il me reste cette touchante dédicace qu'il m'écrivit en exergue de son livre : "Ce récit d'insoumission au temps de la sale guerre. En fraternité bovienne. Michel Boujut"
Votation | Les Zurichois ne veulent ni limiter ni interdire l’aide au suicide. Ils ont très nettement rejeté dimanche deux initiatives de l’Union démocratique fédérale.
Les électeurs du canton de Zurich se sont exprimés dimanche à une large majorité pour le maintien de l’aide au suicide, aussi pour des étrangers non-résidents en Suisse, alors que plusieurs partis avaient milité contre "le tourisme de la mort".
Les deux initiatives populaires contre l’aide au suicide présentées par les partis conservateurs de l’Union démocratique fédérale (UDF) et du Parti évangélique (PEV) ont été balayées par les électeurs zurichois, canton le plus peuplé de Suisse et qui a régulièrement accueilli ces dernières années des étrangers voulant mettre fin à leur existence.
La première motion contre le "tourisme de la mort", visant à imposer une obligation de résidence d’au moins un an dans le canton aux personnes étrangères voulant bénéficier de l’aide au suicide, a été rejetée à 199 143 voix contre 53 673 pour, selon les résultats préliminaires.
La seconde initiative lancée par les deux partis, visant à demander une interdiction au niveau national de l’aide au suicide, a également été largement rejetée par les électeurs zurichois par 208 696 voix, alors que 37 871 électeurs s’étaient exprimés en faveur de ce texte.
"Mourir est une affaire privée"
"Le droit de mourir est une affaire privée, qui ne concerne ni l’Etat et encore moins l’Eglise", a réagi le vice-président de l’association d’aide au suicide Exit, Bernhard Sutter.
"Il s’agit d’un signe clair de Zurich et correspond à la tradition humanitaire de la Suisse de venir en aide aux autres", a-t-il dit.
A la différence de l’association Dignitas, qui assiste également des étrangers non-résidents, Exit ne soutient que des résidents suisses.
"Nous sommes une organisation responsable et devons effectuer des vérifications, lire le dossier médical. Cela n’est pas possible lorsque les gens ne se trouvent pas en Suisse", a plaidé M. Sutter.
Dignitas et son fondateur controversé Ludwig Minelli ont proposé ces dix dernières années à plus de 1000 étrangers, principalement des personnes en phase terminale d’une maladie, de profiter d’une législation suisse autorisant l’aide au suicide sous certaines conditions.
La réglementation autorise l’assistance au suicide lorsque celle-ci ne se fonde pas sur un mobile "égoïste". Cette aide ne peut être apportée que de façon passive en procurant par exemple les médicaments permettant à une personne de mettre fin à ses jours.
L’assistance active - aider une personne à prendre ou administrer un produit - est interdite.
Selon les chiffres fournis par Dignitas, l’organisation avait accompagné fin 2010 au total 1138 personnes, dont 592 en provenance d’Allemagne, 102 de France, 118 de Suisse, 19 d’Italie, 18 des Etats-Unis et 16 d’Espagne.
Un débat européen
Selon M. Sutter, "les pays européens doivent prendre eux-mêmes leurs problèmes en main (et) l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni doivent faire des efforts". "La Suisse ne doit pas se laisser intimider" par ces pays, a-t-il souligné.
Le débat sur l’aide au suicide donne régulièrement lieu à des controverses en Europe.
En France, où l’histoire de Vincent Humbert, jeune tétraplégique que sa mère avait aidé à mourir en 2003, avait ému l’opinion publique, les sénateurs ont voté en janvier contre une proposition de loi voulant instaurer "une assistance médicalisée pour mourir".
Au Royaume-Uni, où l’aide au suicide reste un crime punissable de 14 ans de prison, le parquet britannique avait clarifié en février 2010 la loi sur le suicide assisté, rendant moins probables des poursuites contre une personne aidant un proche à se suicider.
L'homme avait cessé de tenir son lapidaire journal intime le 30 avril. Il y a deux mois, avec ce clip typique de ses agissements à la fois mégalos et caustiques, plein d'autodérision morbide, il mettait en scène sa propre cérémonie d'enterrement... avant de clamer un espoir cafardeux. Le 3 mai 2011, Jean-Luc Le Ténia a mis fin à ses jours dans son appartement du Mans. Chanteur arraché de partout, il a composé près de 2 000 chansons au gré d'une carrière vécue à la marge, le seul album ayant trouvé un écho plus conséquent étant Le Meilleur Chanteur Français Du Monde, paru en 2002 grâce au collègue Ignatus, qui lui rend d'ailleurs hommage sur son site. Notre collaborateur Thibaut Allemand, qui croisa Jean-Luc à quelques reprises dans sa vie, évoque la mémoire de l'artiste défunt. Une cérémonie religieuse aura lieu à l’église Saint-Aldric, au Mans, ce jeudi 12 mai 2011 à 15h30.
« C’est quand ils sont vivants, qu’il faut aimer les gens / Les Jean-Luc ! », sont les premiers mots revenus à l’esprit lorsque j’appris le décès de Jean-Luc Le Ténia, retrouvé le 3 mai dernier dans son appartement du Mans, forcément. Forcément, car Jean-Luc était indissociable de la cité cénomane (comme disent les érudits), ou des 24 heures et des rillettes (comme disent...tout le monde, en fait). L’Âme Du Mans : c’était le titre d’une de ses cassettes, et Jean-Luc se définissait ainsi. Non sans humour. Mais c’est vrai, Jean-Luc était à l’image de cette drôle de ville : pas très grand, pas très gros, un peu cabossé, laissant couler la vie et s’enflammant parfois. J’ai un peu connu Jean-Luc. Vu pas mal de ses concerts épiques, seul avec une guitare en bois qu’il maltraitait à en saigner. Chopé quelques-uns de ses (innombrables) disques remplis à ras-bord de morceaux à la folie triste. Les ai écoutés souvent. Et puis un peu moins. Et pour être franc, je n’avais pas accroché à ses dernières compos au clavier. Mais sa mort à trente-six ans ou presque m’a secoué. Et fait remonter quelques histoires. C’est au début des années 90, vers quatorze ou quinze ans, que Jean-Luc Lecourt avait débuté la musique, écrivant des chansons dans son coin. Amateur de bande dessinée, il avait fondé un fanzine, Radis Noir, dans lequel se côtoyaient Jean-Luc Coudray ou Tony Papin. Faute de temps, le discret binoclard finirait par se consacrer tout entier à ses chansons, parce que « c’est moins difficile, expliquait-il. Et j’ai tendance à aller vers la facilité ». Pas simples, pourtant, étaient ses relations avec la gent féminine, dont il a tiré quelques-uns de ses textes les plus directs – et les plus poignants, comme Seul De Nouveau.
Ces chansons destinées à des filles, de sa voisine de palier à la caissière du Viveco, transpiraient le réel. Un réel mâtiné de psychose, où la drôlerie planquait le désespoir, où l’absurde de la répétition traduisait des obsessions souvent noires. « Je pourrais détruire tous mes rapports sociaux pour écrire une chanson qui me plaise vraiment », avait déclaré cet amateur de Jean-Louis Costes. Et ce n’était pas de la fanfaronnade : même si certaines de ses attaques contre Bertrand Cantat (avant Vilnius, hein), Henri Salvador ou le cannabis étaient franchement drôles, cette rock star de proximité se mettait à nu (au sens propre et figuré) et provoquait parfois, véritablement, le malaise. Trop souvent comparé à des rigolos comme Didier Super, Le Ténia préfigurait, depuis quinze ans déjà, Philippe Katerine (2010) de Katerine – où le rire jaune côtoie la peur bleue. Mais Jean-Luc se fichait de la chanson française, préférant – et reprenant – ses totems : The Mountain Goats, The Velvet Underground, Daniel Johnston, Ramones ou Neil Young. Ce chanteur inclassable rangé dans la case anti-folk (faute de mieux) avait depuis quelques temps raréfié les concerts, mais pas sa production – pléthorique. « J’espère qu’un jour, les gens comprendront ce que j’ai dans la tête grâce à ces chansons », disait parfois ce songwriter méconnu, malgré un disque bancal paru chez Ignatub en 2002. Au rayon des anecdotes, je pourrais évoquer ce concert manceau de Miossec, en 2002, où le "tendre granit" fit monter le vers solitaire sur scène. Ou encore cette chanson des Wampas, nommée... Jean-Luc Le Ténia, tout simplement.
Non, en fait, j’ai un souvenir tout bête : je devais avoir 17 ans, et Le Ténia chantait Daniel Johnston et Jonathan Richman en promenade sur une plage. Les noms me disaient quelque chose, mais ça restait vague. Je vais le voir après le concert, pour en savoir plus. « Je te ferai une compile », me répond-il. Une semaine plus tard, je rêvasse à un arrêt de bus lorsqu’un cycliste me fonce dessus et s’arrête net. C’est Jean-Luc, qui sort une cassette de sa poche. « Tiens, je t’ai fait une compile », lâche-t-il avant de reprendre sa route. Et cette vieille K7 de leçon d’allemand effacée par ses soins contenait désormais des chansons du vieil enfant texan. Je découvrais Richman un peu plus tard, à la médiathèque où Le Ténia travaillait – section jeunesse. Voilà, ce n’est pas grand’chose, mais depuis ce jour, Daniel Johnston, Jonathan Richman et Jean-Luc Le Ténia sont irrémédiablement liés. Pour autant, pas question de faire de ce fan absolu de Russ Meyer un... saint, ni d’oublier les frasques parfois lourdingues de ce grand sensible. Toujours est-il qu’avec la disparition de Jean-Luc Le Ténia, c’est un peu de l’âme du Mans qui s’en va. Mais pas seulement. C’est aussi un artisan talentueux, incompris, émouvant, irritant, pugnace, fatigant, stimulant, qui fout le camp. Laissant orphelines mille deux cent chansons, environ.
Samuel Beckett à l’enterrement de Roger Blin, le 27 janvier 1984, par Bernard Morlino.
"Toute la racaille moderne n’est qu’une poignée de mondains de la déchéance, surtout son chef de fil qu’on a pris le pif poudré sur un capot de bagnole. Ce gringalet n’est rien à côté de Jacques Rigaut qui se shootait à travers son costume. Je ne fais pas l’apologie de la défonce. J’ai simplement horreur de la fausse souffrance. Ma vie se confond avec la littérature depuis au moins 50 ans. Vers 8 ans, j’ai pris conscience de la mort quand mon cousin m’a dit : « Tu sais, ma mère va mourir. Et la tienne aussi. » Auparavant, je n’y avais jamais pensé. Il m’a dit ça quand on a aperçu au loin sa mère. C’était juste avant midi. Je m’en souviens car après il est parti mangé, me laissant seul avec mes jonglages. Nous jouions au foot, ou plus exactement au ballon. Lui et moi, on y jouait dès que nous sortions de l’école. Le football ne m’a jamais quitté. Nos mères, oui. J’ai ce flash au moment où je suis en train de lire Lord Patchogue, soit quelques heures après la découverte du corps de Marie-France Pisier dans la piscine de sa résidence. Savez-vous ce que raconte le livre de Jacques Rigaut (1898-1929) ? Il s’agit de quelques pages sauvées du néant qui racontent l’histoire d’un homme qui se jette dans un miroir pour tenter de le traverser. Ce Lord Patchogue c’est le double de Jacques Rigaut. Est-ce que la comédienne a elle aussi voulu voir ce qu’il y a de l’autre côté ? Une piscine est un miroir mouvant. A-t-elle lu ce texte ? Je ne pense pas. Et c’est bien dommage. Ce récit est inachevé. (La vie de Marie-France Pisier aussi malgré les apparences.) On ne pouvait plus le trouver en librairie depuis 1930 et 1970, les deux seules fois où il était à la portée des lecteurs. Grand merci aux éditions du Chemin de fer de remettre dans le circuit ce texte dans une remarquable présentation. Lisons cet ouvrage, avant de lire la biographie de Rigaut par Jean-Luc Bitton qui sera un météore dans le monde de l’édition tant on l’attend avec impatience tout en souhaitant retarder le plus longtemps sa parution. Bitton est comme François Weyergans. Il n’aime pas rendre ses manuscrits.
"Il est des hommes qui renoncent sans peine apparente à leur propre oeuvre, au profit des écrivains du passé. C'était la vocation de Jean José Marchand, qu'il exerça jusqu'aux derniers jours avec passion, modestie, et non sans malice. Né le 14 août 1920 à Paris, il est mort le 8 mars, à l'âge de 90 ans. Avec lui s'éteint une mémoire phénoménale." Ainsi débute la notice nécrologique consacrée au critique et documentariste Jean José Marchand, rédigée par Claire Paulhan, publiée dans le Monde du 1er avril 2011. La discrète disparition d'un érudit passionné et homme libre dégagé de toute la bien-pensance de notre époque (seulement quelques-uns lui rendirent hommage) qui recueillit les souvenirs d'écrivains, d'artistes et philosophes dans le cadre de sa série "Archives du XXème siècle" dont quelques émissions sont consultables sur le site de l'INA. Jean José Marchand avait produit, entre autres, la fameuse série de documentaires consacrée au mouvement Dada, réalisée par Philippe Collin. Je n'ai malheureusement jamais rencontré Jean José Marchand, mais me souviens d'une longue et passionnante conversation téléphonique nocturne durant laquelle nous avons évoqué Dada et notre panthéon littéraire en commun avec quelques écrivains comme Emmanuel Bove, Georges Hyvernaud ou Henri Calet. L'auteur de La Leçon du chat tenait en ligne le journal de ses lectures, dans son dernier post on peut lire : "Dans la culture, on n’entre, comme au paradis, que tout seul."
Je me permets de vous envoyer quelques photos d’une peinture que je possède (ou l’inverse), espérant que vous pourrez m’aider à résoudre l’énigme qu’elle représente pour moi.
Sachez d’abord que l’œuvre de Jacques Rigaut, et sa personne, me hantent depuis longtemps et font partie presque au quotidien de mes nostalgies vieillissantes.
Un peu médiocrement, je tape parfois son nom sur E-Bay. C’est ainsi que j’ai acquis cette peinture. J’aime ce visage d’allure surréaliste, et j’aimerais bien savoir de qui il s’agit, mais c’est surtout l’inscription qui m’émeut : « Rigaut sans chapeau » (quand on sait combien légendaires étaient ses couvres-chef)
J’espère que ce petit mystère saura vous intéresser.
Les éditions du Chemin de fer proposent dans leurs nouveautés de mars 2011, une version "rénovée" et illustrée de Lord Patchogue accompagnée d'une postface de votre serviteur. Un petit livret biographique est offert avec le livre.
Le mouvement culturel dadaïste et son lieu mythique, le Cabaret Voltaire à Zurich lancent une action pour leur centième anniversaire.
Le «Cabaret Voltaire» et le duo d'artistes Com&Com recherchent à travers le monde des parents qui donneront à leur enfant le nom de baptême «Dada». A la clef: une récompense de 10 000 dollars nous révèle le «Tages Anzeiger».
Lancement à Moscou
Le lancement de cette «happening» s'est fait à Moscou. «Pour redynamiser les idées et les stratégies du dadaïsme» selon le duo Com&Com. Car le mouvement doit se montrer critique face à la société de consommation actuelle.
Un enfant a du reste déjà été baptise Dada en 2005 à Winterthour dans le cadre de l'action «Gugusdada». Un compte d'épargne doté de 10 000 francs a été ouvert pour le bébé à cette occasion.
Entre 5 et 6 bénéficiaires
«Jusqu'en 2016, cinq à six enfants seront peut-être ainsi prénommés» estime Johannes Hedinger de Com&Com. Ils seront tous invité en 2016 pour célébrer les 100 ans du mouvement intellectuel, littéraire et artistique né sur les rives de la Limmat.
Hors budget
Du côté de la direction de la culture de la ville de Zurich, Paul Baumann, son directeur adjoint est clair. «La ville prend à sa charge près de 300 000 francs pour la location du local «Cabaret Voltaire». Pour cette action, l'argent est apporté par des sponsors ou sur les rentrées du café.» Il est vrai que le conseil municipal a accordé en août 2010 un crédit de 900 000 francs pour les 100 ans du dadaïsme, dont deux-tiers sont injectés directement dans la location du «Cabaret Voltaire».
En pièce jointe, une édition du Feu follet que je viens d'acquérir, avec un envoi autographe de Drieu, lapidaire mais magnifique ("Les saisons passent"). Des années que je cours après un envoi d'auteur sur ce livre (il y a quelques années, j'en avais manqué un, encore plus beau : "Il meurt s'il ne s'attache"). Le dédicataire de mon exemplaire est semble-t-il l'administrateur de la NRF. N'hésitez pas à reproduire la dédicace sur votre site et encore bravo pour votre travail.
En attendant la réédition intégrale des Ecrits de Jacques Rigaut (par Gallimard ou un autre éditeur), les éditions du Chemin de fer nous proposent celle de Lord Patchogue dans sa version la plus complète avec des illustrations et une postface. Dans toutes les bonnes librairies, avant le prochain salon du livre.
Alléluia ! Dans le "post" de janvier, publié sur le blog qu'il consacre à l'écrivain surréaliste Jacques Rigaut (1898-1929), Jean-Luc Bitton, son biographe, a annoncé une date de remise de copie de son manuscrit : printemps 2012, pour une parution du livre chez Denoël "dans le meilleur des cas" en septembre 2012. C'est Olivier Rubinstein qui va être content ! Car l'éditeur attend ce texte depuis pas moins de sept ans.
Il faut dire que Jean-Luc Bitton est un phénomène. En février 2005, il a créé un blog consacré à l'oeuvre de Jacques Rigaut, qui était éparse. Ce blog lui a permis de rassembler documents et témoignages et, au fil du temps, il est devenu "un livre en soi". "Il constitue un soutien moral, car être biographe est un métier difficile", explique Jean-Luc Bitton. Il fait office de "making of" de sa biographie et Jean-Luc Bitton sait qu'il est lu par des anonymes, mais aussi par des pairs prestigieux, comme Jean Echenoz.
"Sur mon blog, je fais des cadeaux aux lecteurs, mais il y a un juste équilibre à trouver, afin de ne pas mettre en péril la biographie", dit-il. Pour Olivier Rubinstein, qui voit le livre s'élaborer sur le Net, "Jean-Luc Bitton en met trop sur son site, qui est extrêmement bien fait". De temps en temps, il voit aussi apparaître les mots qu'il envoie à son auteur. Philosophe, il attend depuis douze ans une autre biographie de référence, celle de Robert Denoël, écrite par Pascale Froment et en coédition chez Fayard. Mais là, pas de date en vue pour l'instant.
Alain Beuve-Méry LE MONDE DES LIVRES du 21 janvier 2011
A ma connaissance, il n'y a jamais eu de manuscrit de J.R. en vente sur eBay. C'est donc une première que cette vente en ligne. Mille euros la page...la cote de Rigaut se porte bien. J'aurais bien craqué par fétichisme littéraire, mais cette nouvelle année me trouve particulièrement désargenté. J'espère que cette relique tombera entre de bonnes mains. Merci à Thomas et Nicolas pour m'avoir signalé cette vente. J'en profite pour adresser mes meilleux voeux pour l'année 2011 aux lectrices et lecteurs du blog Rigaut. Concernant la deadline de la remise de mon manuscrit, je me suis engagé auprès de mon éditeur pour le printemps 2012 en visant une parution, dans le meilleur des cas, en septembre 2012. Avant la fin du monde.
Il y a quelques années, Quentin Bajac m'avait reçu dans les entrailles du Centre Pompidou pour consulter quelques portraits de J.R. provenant du fonds Man Ray. Il avait évoqué 10.000 négatifs inédits du photographe, reçus en donation en 1995. Un inventaire était en cours dont l'aboutissement aujourd'hui est cet ouvrage avec 500 portraits publiés dont la plupart sont totalement inédits comme ce magnifique portrait de Madame Rigaut qui dormait dans les archives depuis 1926. Un portrait également inédit de J.R. au regard brûlant. Il reste environ 9500 négatifs à révéler...
Michel Houellebecq, lors de la remise du prix Goncourt 2010 Photo by Franck Chevalier
"Il souhaitait être enterré très précisément au cimetière du Montparnasse, il avait même acheté à l'avance la concession, une concession simple, trentenaire, qui se trouvait par hasard située à quelques mètres de celle d'Emmanuel Bove." (La carte et le territoire, p. 317.)