10.5.07

Epitáphios



Décidément, Jacques Rigaut inspire les musiciens. Je remercie Geoffroy D. du groupe Dernière Volonté qui m'a envoyé son dernier opus "Devant le Miroir". Geoffroy D. ne cache pas ses influences littéraires et cinématographiques avec la pochette de l'album, clin d'oeil avoué au "Feu follet". Le titre lui-même n'est pas sans rappeler l'univers rigaltien.

Extrait d'une interview de Geoffroy D.

Quelle est cette joie devant la mort dont tu parles ? Comment faut-il l’interpréter ? Est-ce l’expression ultime de l’amertume ou de la révolte ?

"Peut-être un peu les deux, mais je crois que cela m’a surtout permis de synthétiser les propos très forts de Jacques Rigaut ou de Drieu La Rochelle sur la question du suicide. J’ai eu envie de donner une autre dimension à cette idée de fin et de confronter deux sentiments paradoxaux que sont la "joie" et la "mort". En inscrivant cette expression dans un des derniers morceaux du disque j’ai eu le sentiment de donner une coloration moins définitive à "Devant le miroir". Cela n’enlève en rien le contexte dramatique du sujet mais, comme le disait Louis Malle à propos des indices littéraires dans son film, cela permet de "démystifier la solennité de la mort". Pour finir, le terme ne vient pas de moi mais de Georges Bataille dans ses écrits pour l’Acéphale de 39."

Un autre musicien s'est amusé à faire un petit hommage musical au film "Le Feu follet". Toujours aussi émouvant d'entendre la voix de Maurice Ronet...