
Il est probable que cette femme ait eu une liaison avec Jacques Rigaut. Elle connaîtra également la même fin tragique : suicide par arme à feu.


A 21H ce soir sur Arte pour les inconditionnels (dont je fais partie) de Maurice Ronet, "Plein soleil" (1959) le film de René Clément ou quand Delon tue Ronet pour la première fois. La seconde, ce sera la noyade forcée dans "La piscine" (1969) de Jacques Deray.
Résumé
Tom est engagé par le riche Greenleaf pour ramener aux états-Unis son fils Philip qui passe de trop longues vacances en Italie auprès de sa maîtresse. Constamment humilié par le capricieux jeune homme, Tom décide d'inverser leurs destinées...
"Maurice Ronet, enfin, a pris comme une dimension inattendue. Ce comédien trop sensible restait jusqu'à présent prisonnier de ses moyens. Ici, il s'évade de lui-même." Michel Aubrant, Paris Presse, 12 mars 1960
Générique
Scénario : René Clément, Paul Gégauff
Image : Henri Decaë
Musique : Nino Rota
Montage : Françoise Javet
Décors : Paul Bertrand
Son : Jean-Claude Marchetti
Production : Paris-Films, Production Titanus
Interprétation : Maurice Ronet (Philip), Alain Delon (Tom), Marie Laforêt (Marge), Elvire Popesco (Mme Popova), Erno Crisa (l'inspecteur Riccordi), Frank Latimore (O'Brien), Billy Kearns (Freddy), Romy Schneider (l'amie de Freddy)


Dictionary of Real People and Places in Fiction
De M. C. Rintoul
Publié par Taylor & Francis, 1993
1184 pages
Fascinating and reliable, the Dictionary of Real People and Places in Fictionis an illuminating source for all students and teachers of literature, and for all those interested in uncovering the facts behind the fiction they read. In a single, scholarly volume, it provides intriguing insight into the influences upon over 300 authors by revealing the real identity of "fictional" people and places in American and British novels published in the nineteenth and twentieth centuries. Carefully and extensively researched by M.C. Rintoul, it contains several thousand identifications rooted in sound scholarship far removed from gossipy speculation. All the identifications are based on published statements in sources as varied as diaries, collected letters, journals, biographies and autobiographies, and newspapers. This valuable compilation of previously uncollected material makes the Dictionary of Real People and Places in Fictiona thorough and useful source. The dictionary is composed of three sections, each one alphabetically arranged and each one, in effect, acting as an index to the other two. In the first,Author Index, each author whose works are covered in the dictionary has an entry in which, work by work, the names of fictional characters and places and their real-life equivalents are given. A sampling of the authors included are Jane Austen, Saul Bellow, Lewis Carroll, Joseph Conrad, Charles Dickens, Elizabeth Gaskell, James Joyce, Rudyard Kipling, Gertrude Stein, and William Thackeray. In the second,Real Name Index, each fictional character and place is listed with its real-life equivalent and an excerpt from the substantiating source. Some examples of fictional characters listed in the dictionary include: Heathcliff in Wuthering Heights, Charlotte Bartlett inA Room with a View, Ursula Brangwen in The Rainbowand Lord Marchmain in Brideshead Revisited. In the third,Fictional Indexeach fictional name is given, with the author and work in which it appears and a cross-reference to the real-life person or place. The following are some of the real-life people paired with the novel they are fictionalized in: Ezra Pound inBid Me to Live, Vita Sackville-West inThe Flower Beneath theFoot, John Dos Passos inThe Sun Also Risesand Percy Bysshe Shelley inThe Aspern Papers. This book will be read and referred to by students and teachers of English literature, as well as literary biography enthusiasts.




J'ai rendez-vous demain matin à la gare d'Austerlitz avec Olivier Gadet, directeur des éditions Cent Pages, auteur entre autres du fameux pamphlet J'emmerde Le Monde (le quotidien du soir) Nous devons passer la journée à Blois chez la fille d'Emmanuel Bove. Les éditions Cent Pages doivent rééditer l'un des plus beaux textes de Bove, Bécon-les-Bruyères, une monographie tout aussi ironique que poétique d'un non man's land de la banlieue parisienne. Rappelons également que les éditions Cent Pages ont publié en 2003, un florilège des écrits de Jacques Rigaut intitulé Le jour se lève ça vous apprendra. Epuisé.


Des nouvelles de l'A.G.S. suisse...
Dignitas s'établit à Wetzikon, près d'un jardin d'enfants
Dignitas a déménagé à Wetzikon (ZH). Les autorités communales examinent si les "conséquences psychologiques" de la présence de l'organisation d'aide au suicide près d'un jardin d'enfants, d'un home et d'une école sont acceptables.Le bâtiment choisi par Dignitas se trouve dans une zone résidentielle avec des activités commerciales, ont indiqué les autorités de Wetzikon dans un communiqué. Dans ce sens, les activités de Dignitas sont conformes au plan de zone.Dignitas a déjà dû déménager à plusieurs reprises dans le canton de Zurich en raison de l'opposition des voisins ou des autorités communales. En 2007, l'organisation avait dû quitter Zurich où elle pratiquait depuis longtemps. (source : 24 Heures)















"Cher Jean-Luc,
Eh bien c'est excellent ces premiers chapitres.
Vous avez parfaitement réussi à donner corps, dès
le début, au personnage de J.R. et puis les
correspondances que vous avez exhumées sont
passionnantes (...) Bref, j'ai hâte de lire la suite. (...)"
J'attendais avec appréhension la réaction de mon éditeur. J'ai toujours douté et je douterai toujours. L'immense joie de recevoir ce courrier après ces années de travail, un courrier qui me donne du courage pour continuer le labeur rédactionnel. Voici un soutien qui tombe vraiment à pic...


Troublante mésaventure vécue à New York. Alors que nous nous engouffrons dans un taxi jaune, nous trouvons sur la banquette arrière un portefeuille bourré d'euros et de dollars. Immédiatement, le classique dilemme du portefeuille trouvé se pose à nous. Signaler cette trouvaille au chauffeur? mais que fera-t-il lui-même? la tentation de garder l'argent (nous sommes en fin de séjour et donc passablement désargentés) et de mettre les papiers dans une boîte aux lettres, etc. Un dilemme auquel les dadas seront confrontés lors d'une réunion dans un bar parisien. Desnos, entre autres, a raconté cette dispute autour de l'emploi d'un portefeuille trouvé. Selon Desnos, Rigaut voulut dépenser en boissons le contenu du portefeuille. Finalement, c'est Eluard qui rapporta le portefeuille au patron du café qui le rendit à son propriétaire, un de ses employés. Picabia accusa Breton, dans la revue 391, d'avoir volé le portefeuille. La rupture entre les dadaïstes était consommée, Breton resta longtemps fâché avec Eluard. Quant à Jacques Rigaut, il s'inspira de cette brouille pour écrire un de ses plus longs textes dans lequel un certain E.L. trouve une sacoche remplie d'argent à l'arrière d'un taxi : "Le portefeuille trouvé dans un taxi était plus qu'une image commode pour lui figurer la chance, mais une idée fixe, tellement qu'il n'y avait pas de matin qu'il ne jouât à pile ou face si la journée qui commençait allait bien être celle où il trouverait le portefeuille." (Jacques Rigaut)
Pour finir, nous avons décidé de garder avec nous le portefeuille pour le rendre à sa propriétaire, une Italienne de Gênes. Après quelques recherches on line, nous avons trouvé les coordonnées de son mari. Le dénouement est proche...
« Le pittoresque l'ennuyait. Il avait un mépris inné pour toute cette humanité remuante et férue de voyages qui semblait courir derrière le bonheur mais, en fait, n'arrivait qu'à tourner en rond, inapte à saisir autre chose qu'une vérole de plus ou de moins. Ce mépris découlait d'un instinct profond et non d'une attitude visant à la critique sociale ; il y avait longtemps que la réforme de ses contemporains avait cesser de l'intéresser. Il avait mieux à faire. Le combat qu'il menait était son combat personnel, journellement renouvelé, et ne tendait qu'à détourner à son profit une parcelle de cette joie égarée parmi les hommes, souvent imprévisible et méconnaissable. Avec cette éthique simple, essentiellement réaliste, il parvenait à être parfaitement heureux et, de plus, n'importe où ; il n'y avait pas pour lui d'endroits spécialisés dans le bonheur. » (Un Complot de saltimbanques, Albert Cossery)


Au sommaire de lunapark (printemps 2008), la toujours passionnante revue éditée par Marc Dachy, un long article de Michael Hays : "Dada sans profit, le cas exemplaire de Jacques Rigaut". L'auteur développe des thèses intéressantes en faisant un rapprochement entre Bataille et Rigaut et considérant la vie de J.R comme une métaphore économique dont la dépense ultime (et la plus coûteuse) serait son suicide. Nouvelles du front : ai achevé les trois premiers chapitres de la bio : Les origines, Enfance & adolescence, La Grande Guerre. Rigaut démobilisé quitte Lyon pour Paris où l'attend l'explosion dada...

Enquête sur le mystérieux acheteur du "Manifeste du surréalisme"



Dans les coulisses de l'Olympia le 17/05/08. Ce soir-là, Daniel improvisa sur la chanson "La main au coeur" en décrivant le suicide de J.R.
"En m’asseyant sur la boue
J’ai prié
En me mettant à genoux
J’ai pleuré
Je porte la main à mon cœur mais
Je ne sais plus de quel côté il est...
Tout mène à tout
Et rien ne mène nulle part
Regardant le vide
Fasciné de déjà m’y voir
Je porte la main à mon cœur mais
Je ne sais plus de quel côté il est...
J’ai entendu une voix autrefois
Tiens ton âme en enfer et jamais plus
Ne désespère
Je porte la main à mon cœur mais
Je ne sais plus de quel côté il était
En m’asseyant sur la boue
J’ai prié
En me mettant à genoux
J’ai pleuré
Tout mène à tout
Et rien ne mène nulle part
Regard dans le vide
Fasciné de déjà m’y voir
J’ai entendu une voix autrefois
Tiens ton âme en enfer et jamais plus
Ne désespère
Quelles drôles de vies que nos vies
Suspendues à celles des femmes."
"La main au cœur" Album "Crèvecoeur" 2004.
Il est malheureusement trop tard pour voir l'exposition-hommage consacrée à Edouard Levé, mais Vesna du site anglophone parisianiste Holy Chic a interviewé son galeriste Hervé Loevenbruck.
"Ton suicide fut la parole la plus importante de ta vie, mais tu n’en cueilleras pas les fruits." (Suicide, Edouard Levé, editions P.O.L. mars 2008)


Passage de Retz

Marcel Duchamp [?]
Man Ray, The Bicycle, 1950.
Man Ray, L’Énigme d’Isidore Ducasse, 1920-1971.
Man Ray, A man and his woman, 1927-1945.
Vous avez jusqu'au 15 juin pour aller voir cette "surexposition" Duchamp,
Ray, Picabia, qui se tient dans le romantique hôtel de
Retz. Le prix d'entrée (10 euros) n'est pas très dada, musée privé oblige,
paraît-il...

À l'ombre des réprouvés
Paul-François Paoli
Julien Hervier a voué sa vie à l'étude de Jünger et de Drieu la Rochelle. Avec l'ambition de les sortir de l'enfer.
Dites-moi qui vous lisez, je vous dirai qui vous êtes…
Il y a comme un faux air d'Ernst Jünger sur le visage anguleux de Julien Hervier. Une ressemblance étrange, peut-être due à une très longue fréquentation. Rien d'extraordinaire à cela. Universitaire et normalien, ancien professeur de littérature comparée, Hervier est le responsable de l'édition des Journaux de guerre de l'écrivain allemand dans la «Bibliothèque de la Pléiade».
Si l'on ajoute que son autre romancier de prédilection est un écrivain mille fois plus « réprouvé » que Jünger: à savoir Pierre Drieu la Rochelle, dont il vient de préfacer Notes pour un roman sur la sexualité, on se dit que la vie de ce retraité ne doit pas être de tout repos dans un monde où l'on a vite fait de vous soupçonner du pire. «J'ai perdu des amis en route et j'en ai été affligé», explique Julien Hervier dans son appartement de la rue Linné, qui domine le Jardin des Plantes, à Paris . Affligé peut-être, mais il a persévéré.
«Le jour où j'ai ouvert “Zarathoustra”»
Jünger, Drieu: en 1973, il leur consacre sa thèse universitaire qui, est publiée chez Klincksieck en 1978: Drieu la Rochelle, Ernst Jünger, deux individus contre l'Histoire. Seul ouvrage de Julien Hervier en tant qu'auteur, il n'est plus disponible en librairie.
Jünger, «qui ne fut pas nazi et méprisa Hitler», est un écrivain considérable et Drieu, collaborateur et antisémite notoire, est un romancier «tour à tour inégal et exceptionnel» qui mérite largement l'intérêt qu'on lui témoigne. Chez Drieu, ce n'est pas l'idéologie en elle-même qui intéresse Hervier mais la complexité d'un homme et d'un écrivain aux prises avec cette idéologie.
Durant la guerre de 1914, Jünger et Drieu étaient sur la même ligne de front, où ils ont bien failli se rencontrer... Une anecdote qui a frappé Julien Hervier, d'autant que son propre père fut, comme Jünger, un engagé volontaire, et un héros du feu. Un père qu'il a peu connu et qui meurt en 1939 à l'âge où le petit Julien a trois ans. Élevé par sa mère dans le culte paternel, l'enfant est studieux et fragile. Sa famille n'est pas riche et il ne part pas en vacances. «J'habitais le quartier populaire des Chantiers à Versailles et je garderai toute ma vie le souvenir de mon école communale, où j'ai eu de si bons instituteurs.» Il lit Barbusse et Maurice Genevoix et puis un jour, à l'âge de onze ans, tombe sur un livre qui le bouleverse. «Je me souviens du jour où j'ai ouvert Ainsi parlait Zarathoustra, je ne comprenais pas grand-chose, mais certains passages m'éblouissaient.»
Au lycée, sa mère lui conseille d'apprendre l'allemand pour «connaître la langue de l'ennemi». Mais le romantisme allemand, ses poètes et ses musiciens, Beethoven, Mahler, Schubert, le ravissent. Comment a-t-on pu se déchirer avec un peuple qui a engendré de tels génies ? En classe de khâgne, au lycée Condorcet, à Paris, il a pour professeur de philosophie Jean Beaufret, l'introducteur de Heidegger en France ; Heidegger qu'il ira rencontrer lors des fameux séminaires du Thor, à Aix-en-Provence, en 1968. «J'étais terrorisé à l'idée de dire quelque chose de stupide, je me sentais comme un enfant.» René Char, ami du philosophe, le subjugue aussi.
Dans les années 1960, il est bouleversé par Le Feu follet, récit de Drieu adapté au cinéma par Louis Malle. S'il condamne les idées de l'écrivain, sa puissance de sincérité l'impressionne. «J'ai été bouleversé par l'autocritique radicale d'un homme qui se trouvait toujours en dessous de ce qu'il aurait dû être », explique Hervier, qui ajoute que «Drieu reste pour lui une énigme ». Pourquoi tant de haine, de soi et des autres, chez cet homme qui fut tant aimé ? Par une cohorte de femmes, mais aussi par des hommes de renom, d'Aragon à Emmanuel Berl, en passant par Malraux. «Drieu adulait la force et il projetait partout la hantise de sa propre faiblesse », explique Hervier. Une hantise qui apparaît pathologique dans Notes pour un roman sur la sexualité, publié grâce au bon vouloir de Brigitte Drieu la Rochelle, femme de Jean, le jeune frère de l'écrivain, que Julien Hervier a bien connu. « Lorsque je l'ai rencontré la première fois j'étais stupéfait, c'était Pierre tout craché.»
Drieu et Van Gogh
Dans les années à venir, Julien Hervier devrait participer à une tâche ardue: la publication des principaux romans de Drieu, dans la «Bibliothèque de la Pléiade». Au programme de ce volume: Gilles, Rêveuse bourgeoisie, L'Homme à cheval, et un livre inachevé du fait du suicide de son auteur, en 1945 que Hervier tient pour un chef-d'œuvre : Mémoires de Dirk Raspe, consacré à la figure de Van Gogh, génie convulsif en qui le romancier vit un double de lui-même.
Peut-on sauver Drieu de l'enfer où il s'est enfermé? Julien Hervier le croit. L'un des réprouvés les plus talentueux de la littérature française va peut-être rejoindre LouisFerdinand Céline au paradis des lettres, sur papier Bible.
Notes pour un roman sur la sexualité de Pierre Drieu la Rochelle préface de Julien Hervier Gallimard, 104 p., 11 €.
Source : Le Figaro du 14/O5/08
Pélerinage cet après-midi sur la tombe de l'écrivain Emmanuel Bove. Sept ans avec lui pour sa biographie parue au Castor Astral en 1994. Bientôt cinq ans avec Jacques Rigaut... Ce sera ma dernière biographie. Deux vies suffisent largement pour une vie. Quel biographe n'a pas fait ce rêve inavouable : contempler (voire toucher) les os du disparu. Michel Bulteau écrit qu'en 1970, des savant ont exhumé les restes de Goethe. Il paraît que le poète allemand portait encore la fameuse couronne autour de sa tête. Que trouverait-on si on exhumait J.R? peut-être une balle perdue... Au moment où j'écris ces lignes, je reçois un texto de mon frère qui se trouve à Amalfi où s'est arrêté Rigaut en 1925 : " Buvons un martini dans le couvent magique de l'hôtel de la luna." Je lui demande d'enquêter, il y a peut-être dans les archives de l'hôtel, un livre d'or dans lequel Rigaut a écrit un court message sur son séjour amalfien...

Alice de Janzé at age 20 (1919), in Chicago.
"Wide eyes so calm, short slick hair, full red lips, a body to desire. The powerful hands clutch and wave along the mandolin and the crooning somnolent melody breaks; her throat trembles and her gleaming shoulders droop. That weird soul of mixtures is at the door! her cruelty and lascivious thoughts clutch the thick lips on close white teeth. She holds us with her song, and her body sways towards ours. No man will touch her exclusive soul, shadowy with memories, unstable, suicidal"
Merci à Tristan Ranx pour m'avoir fait découvrir la "Happy Valley"
